La direction du MAK effectue une visite au musée Krim Belkacem et installe une coordinatin-MAK au village Allalène (Aït-Yahia-Moussa)

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – La direction du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) a effectué, hier dans l’après-midi, une visite au musée Krim Belkacem, situé même au village natal de l’homme ayant pris le maquis dès 1947 contre la France coloniale.

Et dans ce même déplacement dans la circonscription territoriale d’Aït-Yahia-Moussa dont le nom évoque le sacrifice suprême pour l’indépendance du pays, M. Bouaziz Aït-Chebib, président du MAK et les membres de la délégation l’accompagnant dont M. Ahmed Amrioui, cadre du MAK en poste en Allemagne, ont procédé à l’installation de la cooridination-MAK au village Allalène.

A son arrivée au village natal de Krim Belkacem, Tizra Aïssa, la délégation se rendit directement au musée où un comité d’accueil l’attendait. Des lieux se dégagent une solennité exceptionnelle. Une émotion s’empare de vous. Dans la principale salle d’exposition où le portrait géant de Krim Belkacem vous accueille. Les deux côtés adjacents à celui sur lequel figure le portrait, portaient une multitude de documents écrits et photographiques témoignant de la révolution de Novembre. L’atmosphère des lieux vous plonge malgré vous dans ce passé où les hommes et les femmes donnaient ce qu’ils avaient de plus cher pour avoir cette liberté. C’est pourquoi, sans tarder, le président du MAK proposa l’observation d’une minute de silence à la mémoire de l’homme qui prit le maquis pour la liberté dès 1947 et fut lâchement assassiné par des mains algériennes en I970 dans la lointaine Allemagne. Une fois la minute de silence observée, le président du MAK prononça un discours sur la dimension véritable de Krim Belkacem. M. Bouaziz Aït-Chebib rappela à l’assistance émue que l’homme de 1947 a toujours insisté sur l’identité authentique du peuple algérien d’où son génie à tracer et à identifier les wilayas lors du déclenchement de la guerre. Le président du MAK rappela également la supercherie du groupe d’Oudjda. « Si justice et justesse étaient de rigueur dans ce pays, c’est la statue de Krim Belkacem qui serait érigée aujourd’hui à la place de celle de l’émir Abdelkader à Alger », a tonné le président du MAK. Quand vint la cérémonie de recueillement, la délegation prit la direction du village Allalène, situé seulement à quelques encablures de Tizra Aïssa. A Allalène, c’est une autre foule qui constituait un comité d’accueil. Normal. Ce sont tous des hommes qui ont embrassé le MAK.

Dans un climat bon enfant où le thé, le café et les beignets étaient à la portée de la main, le cadre du MAK en poste en Allemagne, M. Ahmed Amrioui en l’occurrence, prit la parole le premier. L’homme est kabyle jusqu’au bout du poil. Même la cravate qu’il porte est confectionnée aux couleurs et insignes du MAK par le tailleur. M. Amrioui ne se montrera pas prolixe dans son discours, contrairement à M. Bouaziz qui lui succèdera. Toutefois, le cadre du MAK en poste en Allemagne résumera à peu près la situation de la Kabylie. Il dira d’abord que la Kabylie a besoin de capitaux étrangers pour lancer son développement économique et social. « Pour cela, souligne M. Amrioui, nous demandons qu’une seule chose : qu’on nous laisse tranquille ! Dans les conditions de paix et de tranquillité, dans vingt ans la Kabylie atteindra un excellent niveau de développement. Aujourd’hui, nous voyons des casernements militaires partout, sans compter la multitude de barrages sur les longs des routes. Autrefois, il fallait un quart d’heure pour se rendre d’Allalène jusqu’à Tizi-Ouzou. Aujourd’hui, pour faire ce trajet, il faut une heure et demie de temps ». « S’agissant de ceux qui prétendent, continue l’orateur, que notre voie n’est pas la meilleure, qu’ils nous disent donc qu’est-ce qu’il faut faire pour changer l’ordre des choses dans le bons sens ! ». S’agissant de la politique de Bouteflika, le cadre du MAK en poste en Allemagne la qualifiera d’ « échec total ». « En arrivant au pouvoir, affirme M. Amrioui, Abdelaziz Bouteflika a promis le lancement de tous les chantiers : la réforme de l’éducation, la réforme bancaire, la réforme administrative et tant d’autres secteurs. Après tant d’années à la tête de l’Etat, il n’a toujours rien fait. Bouteflika a même aggravé les choses », conclut l’orateur.

S’agissant enfin des élections législatives du dix mai prochain, le cadre du MAK en poste en Allemagne a déclaré qu’elles ne seront ni plus ni moins que porteuses d’autres misères. Quand vint le tour d’intervention du président du MAK, il dira à son «complice» Amrioui qu’il ne lui a rien laissé à dire si ce n’est redire ce qui a été déjà dit. Bien au contraire, M. Bouaziz Aït-Chebib se montrera prolixe dans son discours. Dans son kabyle châtié habituel, il développera une succession de points tout aussi importants les uns que les autres. Nos lecteurs doivent comprendre qu’il faudrait un long texte pour reprendre tout le discours du président du MAK. Aussi, contentons nous de raccourcis.

Le premier responsable du MAK fera entendre à l’assistance nombreuse et attentionnée que la destinée de la Kabylie est entre les mains de ses enfants car jamais on ne peut être mieux servi que par soi-même.

Avec une méthodologie scientifique, il mettra en avant tous les éléments prouvant que ce sont les autres Algériens qui refusent de considérer les Kabyles comme leurs frères et ce sont aussi ces autres Algériens qui ont toujours œuvré pour la division. Les exemples cités où le peuple Kabylie a été laissé par «les autres» à son triste sort sont nombreux. Les événements sanglants de 2001 et les dernières intempéries en sont les dernières preuves, l’opposition ferme du pouvoir à toute implantation d’entreprise en Kabylie font partie de ces exemples frappants de l’isolement du peuple kabyle. Même le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) et le Front des Forces Socialistes (FFS) sont cités comme exemples du rejet du Kabyle par les autres. « Les propositions formulées par les députés de ces deux formations politiques à l’APN n’ont jamais été retenues pour la simple raison qu’elles ont émané de Kabyles », a insisté l’orateur. « Avec la pratique de la formule de quotas, ajoute M. Aït-Chebib, à eux deux, le parti islamiste de Djaballah les surpasse en matière de détention du nombre de siège. Donc, même en s’associant, ils (RCD et FFS) ne pouvaient pas atteindre le nombre de voix nécessaires pour proposer un projet de loi ». Le président du MAK a indiqué à l’assistance que ce n’est pas tant la volonté qui a toujours manqué au RCD et au FFS pour bien servir la Kabylie mais la capacité nécessaire à cet effet. C’est donc en toute logique que l’orateur a appelé au rejet des élections du dix mai prochain. « Le seul rendez-vous de l’urne que nous revendiquons, martèle, M. Bouaziz Aït-Chebib, est celui portant sur le référendum de l’autodétermination du peuple kabyle ».

Comment sera assuré le développement économique et social de la Kabylie autonome ?
Tel un maître de conférences, le président du MAK met en avant les énormes ressources naturelles, le relief et l’espace géographiques, les donnes climatiques dont dispose la Kabylie mais surtout sa ressource humaine, principale richesse d’un pays. C’est ainsi que les secteurs hydraulique, agricole, industriel et touristique ont été analysés et décortiqués. «De nos jours, a insisté, l’orateur, l’économie mondiale est surtout la technologie ». Aussi, il se lance dans un discours mettant en avant le savoir-faire kabyle. Il a révélé qu’au cours de l’année 2010, dix entreprises Béjaouies ont réalisé des recettes de l’ordre de 260 millions d’euros dans le cadre des exportations de leurs produits. Après avoir démontré scientifiquement que l’économie de la Kabylie autonome connaîtrait un essor fulgurant et le niveau de vie du citoyen kabyle ou tout simplement l’habitant de Kabylie serait des plus envieux, le président du MAK décide de jouer sur une fibre des plus sensibles. Après tout, l’homme a fait des sciences politiques à l’université. Il démontrera que le souci du pouvoir d’Alger a toujours été d’arabiser la Kabylie et, au même temps tenter de traîner dans la boue ses héros. Dans ce contexte, il cite le cas des villages agricoles tous azimut implantés en Kabylie dont les ouvriers agricoles n’étaient de groupe ethnique kabyle. « Est-ce un hasard, s’écrie le président du MAK, si le premier village agricole a été implanté dans la région natale de Krim Belkacem ? Est-ce un hasard, si un autre village agricole est implanté dans la région natale d’un autre « Lion » (Ferhat Mehenni ndlr) de Kabylie ? ». M. Bouaziz Aït-Chebib trouve là encore une occasion de reparler de la dimension de Krim Belkacem, de son combat et de ses aspirations. L’assistance écoute religieusement.

Après avoir longtemps joué du verbe, le président du MAK dit que le moment est enfin venu pour procéder à l’installation de la coordination-MAK locale. Aussitôt, il tire de sa serviette les bulletins d’adhésion. Dès que la documentation fut posée sur la table, ce fut la ruée pour les adhésions. Malgré les cris rappelant l’abondance de bulletins d’adhésion, on continue à jouer des coudes de peur de ne pas se voir inscrire faute d’absence de bulletins. Quand enfin, tout le monde fut satisfait et conformément aux règles de démocratie en vigueur au MAK, M. Bouaziz Aït-Chebib proposa des candidats devant composer le bureau du MAK à Allalène. Sans difficulté, les candidatures inscrites et le vote opéré.

La composante de la coordination-MAK d’Allalène se présente ainsi : Le président : M. Djamel Boubchir, le vice-président : M ; Hamid Tadjer. Le secrétaire à l’organique : M. Samir Amrioui, secrétaire-adjoint : M. Salah Amrioui. Le trésorier : M. Smaïl Ouazir, trésorier adjoint : M. Adel Amrioui. Une fois le bureau installé, une voix parmi l’assistance se fait entendre : «Dans ma région aussi, tout est prêt pour l’installation de la coordination M. le président. Quand est-ce vous serez libre à cet effet ? ». Sur ce, M. Bouaziz Aït-Chebib consulta son calendrier et rassura le militant que satisfaction leur sera assurée lui et ses camarades. A ce moment, le soleil se couche derrière la lointaine montagne. Avec le cœur bombant de fierté, chacun rentra chez-lui.

Nos lecteurs doivent savoir également que la délégation du président du MAK était composée, en sus de M. Ahmed Amrioui, de MM. Lyès Aît-Maâmar et de Abdellah Guerrad. Par ailleurs, dans la matinée, le président du MAK et sa délégation se sont rendu dans les communes de Aïn El Hammam et Imsouhal. Dans la première commune citée, la délégation se rendit dans deux villages, Azrou et Taourirt Amrane en l’occurrence, pour leur remettre des dons alimentaires. Au niveau de la deuxième commune cité, c’est le village Ath N’zar qui accueillit la délégation du MAK. Comme les deux villages de Aïn El Hammam, Ath N’zar bénéficia des dons alimentaires du MAK. Nous pensons qu’il serait vraiment superfétatoire de noter qu’aussi bien à Aïn El Hammam qu’à Imsouhal, les habitants ne jurent que par le MAK.

Addenda : Au moment où les vaillants militants et patriotes du MAK assuraient leurs obligations et devoirs sur au profit des familles kabyles, le secrétaire général du FLN, M. Abdelaziz Belkhadem, insultait les Kabyles dans la grande salle de la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Il les traitait de vulgaires séparatistes et de racistes. Toutefois, l’homme qui porte la barbe « car c’est la sunna», a admis que les Algériens n’ont pas tous la même culture et non pas non plus les us et coutumes.

Le journal de 20 heures de l’ENTV donna un autre coup de « massue » aux Kabyles en annonçant la participation du FFS aux élections. La caméra de l’ENTV montra un Ali Laskri en train de lire en langue « nationale et officielle de l’Algérie (l’arabe) » le communiqué annonçant la résolution arrêtée par le conseil national à l’issue de sa réunion du jour même. Nos lecteurs doivent savoir que le premier secrétaire n’était pas à l’aise dans la lecture du document rédigé en langue d’Abou Naouas. Faut-il s’en étonner ? Non, car M. Ali Laskri a fait ses études en langue française. Voilà donc le FFS condamné à subir les règles absurdes de l’Administration centrale pendant cinq longues années.