La Kabylie en mouvement

9

CONTRIBUTION (Tamurt) – À l’initiative du MAK, une convergence de forces politiques kabyles se met en mouvement.
L’amorce a été faite lors de la Convention Nationale Kabyle (CNK) organisée les 1 et 2 avril 2011, à l’issue de laquelle a été annoncée l’organisation d’un Congrès National Kabyle dédié au plus grand rassemblement possible des forces kabyles.

La célébration du 31ème anniversaire du Printemps kabyle a confirmé cette tendance avec une présence remarquée dans la procession du 20 Avril, de plusieurs personnalités de différents bords qui ont pris part à cette marche unitaire.

Le MAK se réjouit de ce précieux renfort d’hommes politiques avisés dont l’engagement pour le projet d’autonomie de la Kabylie est de notoriété publique.

Il était temps de poser concrètement les premières pierres de ce rassemblement, vœu devenu litanie d’un demi-siècle.

L’offensive antikabyle du pouvoir par ses médias, les raids meurtriers des services de sécurité, les kidnappings, l’asphyxie économique organisée, la ghettoïsation par la confiscation des moyens de transport, ont fini par stopper net l’onirisme des adeptes de l’Algérie “une et indivisible” et rendre raison à l’option autonomiste, seule solution pour la sauvegarde de la nation kabyle avec tous ses attributs de souveraineté.

Nombre d’observateurs d’ici et de l’étranger se sont demandé pourquoi la vague d’insurrections d’Afrique du Nord n’a pas pris en Algérie.
Il y a la manne pétrolière qui pourvoie généreusement à réduire les effervescences sporadiques liées aux revendications d’ordre social. Mais c’est dû surtout à cette fausseté épistolaire de république “une et indivisible”, démentie dans les faits par la volonté du régime qui s’est employé depuis toujours à présenter la Kabylie et les Kabyles comme l’ennemi intérieur dont il faut se méfier et au besoin réprimer.

Et dans les faits, il y a le peuple kabyle et l’Algérie. Pour preuve, les actions tentées en dehors de la Kabylie par la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), taxée de “kabyle”, ont été partout et systématiquement contrées physiquement par la police mais aussi par des slogans antikabyles de la part d’énergumènes encouragés par des policiers en civil.

Historiquement, il y a en Algérie des variétés irréductibles des populations locales. Mais à aucun moment elles n’ont été le souci de ceux qui détiennent les armes et résolus à briser par la force toute contestation de leur propre choix. Bien au contraire, ils ont tout fait pour les exacerber.

Sans doute faudra-t-il encore plus d’efforts pour créer une résultante positive des forces politiques kabyles. Mais le mouvement enclenché, c’est la détermination des acteurs qui fera le reste.

À côté de cette impulsion salvatrice, il y a toujours quelques francs-tireurs qui s’amusent à jouer les rabat-joie.
Comme ce journaliste d’origine kabyle qui travaille pour un quotidien français, qui se rappelle à fréquence d’anniversaire de Mathusalem, au souvenir de ses contemporains survivants, par un jet d’encre où il s’en prend invariablement à tous les mouvements politiques kabyles en vue de les discréditer.

Contre le MAK il a écrit, citons : “ l’idée est déjà plombée par le discours approximatif des dirigeants de ce mouvement qui tombent parfois dans la surenchère indépendantiste. Avec la proclamation, en juin 2010 à Paris, d’un «gouvernement provisoire kabyle» en exil qui navigue à vue, sans ancrage dans le terroir, le MAK suscite la méfiance des militants les plus actifs ”.

Depuis le début de l’année, le MAK a organisé des dizaines d’actions sur le terrain entre marches, caravanes, meetings, conférences. Hormis une brève cohabitation lors des sit-in de soutien pour les citoyens chrétiens d’Asqif (Michelet) et Larvεa n At Yiraten, nous ne l’avons jamais vu couvrir une seule de ces manifestations.

Il allègue “une surenchère indépendantiste” de notre part. Ce qui est absolument faux. Mais nous n’allons pas lui intenter de procès.
Aux dernières nouvelles, les militants autonomistes les plus actifs sont dans le MAK ou en sont sympathisants. Nous l’invitons aimablement à respecter la déontologie de sa profession et rendre compte de cette réalité.

KABYLIE, le 3 août 2011

Azru