La Kabylie est habitée depuis plusieurs millénaires

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AIT-ZELLAL (Tamurt) – Le Président du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), Bouaziz Aït-Chebib, a mis, hier encore, à Aït-Zellal lors d’un meeting, au pilori les mercenaires spécialisés dans le mensonge historique à propos de l’habitation des territoires de la Kabylie.

Ceux-ci, contre des dividendes bassement matériels, ont mis en avant des thèses selon lesquelles les peuplades kabyles auraient laissé les plaines pour fuir devant les envahisseurs d’où leur retrouvailles dans les montagnes que l’on appelle aujourd’hui la Kabylie. Et naturellement, le politique arabo-islamiste, dont le monisme fait aujourd’hui la risée du monde entier, a saisi à la volée cette argutie dite « scientifique ».

Bouaziz Aït-Chebib, contrairement à ces mercenaires de la science historique, a puisé dans le véritable glossaire historique pour souligner la vérité kabyle. En effet, le Président du MAK a cité les noms de lieux où grottes et rochers témoignent par leurs dessins rupestres, des épigraphes, des hiéroglyphes et autres signes œuvres qu’aucun paléographe ne peut mettre en doute. C’est le cas d’Azrou-Imayazène, sis au village de Tarihant, commune de Boudjima et aârch d’Ath-Ouagunoun où les dessins rupestres témoignent de la présence des hommes dans ces lieux depuis plusieurs millénaires. Dans la même commune, un cimetière se trouvant au lieudit « Ighil », témoigne de la présence d’une communauté depuis la nuit des temps. Dans la commune d’Ifigha, daïra d’Azazga, les épigraphes relevés dans une grotte constituent aussi la preuve vivante de la présence des hommes en ces lieux depuis bien avant l’avènement de l’islam et, surtout, bien avant l’arrivée des hordes sanguinaires, à leur tête Okba Ibn Naâfa, en Afrique du Nord. A Tirmitine, des vestiges palataux indiquent aussi la présence des hommes depuis plusieurs dizaines de siècles. Et lorsqu’on sait que ces lieux cités se trouvent dans cet espace géographique identifié et appelé « Kabylie » et non sur Jupiter, il n’est alors que lapalissade de l’existence du peuple kabyle dans cette Kabylie depuis bien avant même que des tributs ou communautés de l’Europe du nord n’aient eu l’idée d’expansion de leurs territoires sur même leur propre continent.

Bouaziz Aït-Chebib s’attaqua du coup à la thèse défendue par Messali Hadj en 1948 au niveau de l’instance onusienne selon laquelle l’histoire de l’Algérie avait pour limite temporelle l’arrivée de l’islam, c’est-à-dire au 7ème siècle de notre ère et, par conséquent, le peuple algérien appartenait strictement au monde arabo-musulman. Il faut avouer que Bouaziz Aït-Chebib a lourdement chargé Messali Hadj. En effet, il l’accusera non seulement d’avoir dénoncé les Berbéristes de 1949 puis leur mise à l’écart mais aussi d’avoir été un harkis durant la guerre de libération nationale. « Oui, je le dis moi aussi aujourd’hui à Aït-Zellal, s’écria le Président du MAK, Messali Hadj est un harkis ! ». Tout en insistant sur le fait que le FLN, avait lui aussi trahi l’Algérie réelle en procédant à l’assassinat des Berbéristes.  » Amar Ould Hamouda, Benai Ouali ; Mbarek Ait Menguellet, ont été dénoncés par Messali aux autorités françaises et assassinés par la suite par le FLN. Alors, pour le peuple kabyle, il n’y a aucune différence entre Messali et le FLN, deux facettes d’un même mensonge historique qui n’a que trop duré : l’Algérie arabo-islamique ». Le public, nombreux, lui répond alors par un tonnerre d’ovations.

Saisissant encore cette occasion, l’orateur a martelé que si le Dr Saïd Sadi s’est attitré les foudres des tenants de l’arabo-islamisme, ce n’est pas parce qu’il a fait une erreur de jugement historique, mais parce qu’il est tout simplement kabyle. « La preuve irréfutable de ce que j’avance, poursuit-il, réside dans le fait que Saïd Abadou, le patron de l’Union Nationale des Moudjahidine et l’ex-ministre des Moudjhidine a lui aussi déclaré publiquement que Messali Hadj était un traître, et sans toutefois qu’il eut la moindre réaction de quiconque ». « C’est pourquoi, aujourd’hui encore et Ici à Aït-Zellal, poursuit encore Bouaziz Aït-Chebib, je réitère mon soutien indéfectible au Dr Saïd Sadi ».

Le Président du MAK conclut ce passage par la célèbre citation kabyle : « Même si je n’entends pas avec mon frère, je ne peux accepter cependant qu’un autre lui fasse du mal ». En énumérant le cas d’iniquité dont vient d’être victime le Dr Saïd Sadi, l’orateur profitera pour appeler les Kabyles, croyant encore à la chimérique de « l’Algérie, une et indivisible », à ressaisir pendant qu’il en est encore temps en faisant leur résipiscence. Retour ligne automatique
Ensuite, Bouaziz Aït-Chebib, et toujours sur le chapitre de l’histoire, s’attaqua à l’émir Abdelkader en le démystifiant et, au même temps, démystifier cette notion d’Algérie comme « pays » depuis bien l’arrivée des Français. Pour cela, le Président du MAK « éplucha » le traité de Tafnah qui date de 1837 et signé d’un côté entre l’émir Abdelkader et de l’autre par le maréchal Thomas Bugeaud et non moins marquis deRetour ligne automatique
la Piconnerie et duc d’Isly. Dans l’article premier de ce traité en question, il y est mentionné la reconnaissance d’émir Abdelkader comme « calife d’un ensemble de territoires » que lui concéda la France. Retour ligne automatique
Dans le même document, l’émir Abdelkader reconnut son allégeance à la France et son droit de propriété sur le reste des territoires. Le Président du MAK prouva dès lors que l’héroïsme de l’émir Abdelkader ne repose que sur une toile de mensonges. Il prouvera également les mauvaises intentions de l’émir vis-à-vis de la Kabylie et, au même temps, souverainisme de la Kabylie avant 1857, année de l’arrivée des troupes d’invasion françaises. Bouaziz Aït-Chebib fit donc le récit de l’arrivée de l’émir Abdelkader en Kabylie où il demanda à discuter avec les responsables des aârchs. L’altier émir ne tarda pas à constater l’horizontalité de la gouvernance kabyle et, au même temps, le refus catégorique de la Kabylie à se plier à son autorité. « Et la zakat, qu’est-ce que vous en faites ? Vous me la payez », demanda-t-il à ses interlocuteurs. Ceux-ci, outrés par l’attitude de ce bravache, lui répondirent calmement : « La zakat, nous la remettons à nos zaouias et ce sont celle-ci qui la départage entre nos pauvres. Sachez enfin que n’était-ce notre habitude ancestrale vis-à-vis des passagers étrangers sur notre sol, vous recevriez de notre part du plomb à la place du couscous ! ». Sur ce, l’émir Abdelkader et ses gardes, probablement des nervis, enfourchèrent leurs montures et quittèrent à jamais la Kabylie. Après l’émir Abdelkader, ce fut au tour de Mohamed Boudiaf et Houari Boumediène d’être démasqués comme étant des « anti-berbéristes ».

Revenant aux temps actuels, Bouaziz Aït-Chebib fit l’historique des différents mouvements et actions des Kabyles pour se soustraire au joug d’Alger. LaRetour ligne automatique
France néocoloniale qui fait toujours collusion avec Alger contre la Kabylie a été aussi dénoncée par l’orateur. C’est dans ce contexte justement que le Président du MAK est revenu sur le cas d’Hervé Gourdel, assassiné, rappelons-le, l’automne dernier dans les montagnes de Bouira par des mercenaires. Retour ligne automatique
Sans ambages, Bouaziz Aït-Chebib a affirmé que l’assassinat du citoyen français, Hervé Gourdel, a été l’œuvre conjointe entre Paris et Alger et l’objectif final recherché était d’indiquer que la Kabylie est un pays terroriste et, par conséquent, se ferme aux étrangers. « Et c’est aussi dans cette même logique diabolique, poursuit le Président du MAK, que le Joueur de la JSK, Ebossé, a été liquidé par le pouvoir algérien ». Concernant l’affaire Ebossé, le boss de la JSK, Moh-Cerif Hannachi, a lui aussi subi les tirs à boulets rouges de Bouaziz Aït-Chebib puisqu’il aurait menti sur l’identité desRetour ligne automatique
assassins du joueur. « Les supporters de la JSK sont des gens d’honneur et de bravoure et nourrissent l’altruisme vis-à-vis de leurs semblables et non des assassins tel que Moh-Cherif Hannachi a essayé de le faire croire », a martelé l’orateur. « Bien sûr, poursuit le Président du MAK, l’objectif du pouvoir d’Alger est de « prouver » l’inhospitalité de la Kabylie à l’égard des étrangers et, par conséquent, ne mérite ni une quelconque aide et ni attention ».

L’orateur poursuivit longuement sa diatribe vis-à-vis du pouvoir et de ses relais et parallèlement à cette dite diatribe mis en avant les arguments justifiant que toute solution à la problématique kabyle ne peut être autre que son autodétermination. Par ailleurs, avec des arguments indémontables, Bouaziz Aït-Chebib mit en avant l’honnêteté et le patriotisme de Ferhat Mehenni et, au même temps, ridiculisa ses détracteurs. L’assistance a beaucoup ri sur l’indigence intellectuelle et politique de Louisa Hannoune que mit en avant à plusieurs reprises l’orateur. Idem concernant certains médias, arabophones notamment, qui jouent les porte-voix du pouvoir d’Alger et autres arabo-islamistes. La performance orale de Bouaziz Aït-Chebib a fait cier, hier à Aït-Zellal, un septuagénaire : « Adhirham rebbi Thabout Ikididjane ! (que Dieu bénisse le ventre qui t’a enfanté !). Avant de clore le meeting, le Président du MAK a rappelé aux habitants d’Aït-Zellal la dédicace de la marche de Yennayer à la mémoire des Berbéristes de 1949 et leur a souhaité en son nom personnel, au nom du MAK, au nom de Ferhat Mehenni et au nom du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) une joyeuse fête de Yennayer.

Notons enfin que bien avant l’intervention de Bouaziz Aït-Chebib, d’autres cadres et militants du MAK dont Adel Ait Ouares, Boussad Becha, ont, l’un après l’autre, pris la parole pour haranguer la foule avec pour fond du discours l’autodétermination de la Kabylie. Et pour édulcorer cette rencontre, c’est une jeune femme, Samira Mehdi, qui a intervenu la dernière. Sans être prolixe, cette intervenante a non seulement fait un plaidoyer pour la liberté du peuple kabyle, mais appelé aussi les femmes à s’investir dans ce combat libérateur.

De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine,.info