La Kabylie, la démocratie et l’autonomie

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Le pouvoir, n’ayant pas renouvelé son instrument de déclassement des citoyens ou des mouvements qui remettent en cause le système, ne tardera pas à accabler cette revendication du péché absolu, celui de relayer quelque “main de l’étranger”.

En attendant de savoir, dans les prochains jours, par les voix officielles et les clairons d’une Algérie au monolithisme autoritairement défini, qui de la France, d’Israël ou d’ailleurs est derrière ce développement politique, il convient peut-être d’essayer déjà d’en comprendre les ressorts et la signification.

Le MAK est né en 2002, alors que depuis une année, des masses de jeunes affrontaient en Kabylie la répression des arouchs, l’organisation ainsi baptisée du mouvement de protestation contre les abus et l’injustice dont ils se sentaient écrasés. Pour la première fois, une révolte, partie de Kabylie, assumait des revendications d’intérêt local, même si, par la suite, le mouvement, squatté par des “professionnels” et, donc, “politisé”, a tenté, maladroitement, une structuration nationale. La mort de manifestants ajoutait à la pertinence d’une question kabyle.

D’un autre côté, la décennie 2000 a inauguré, après une décennie de multipartisme relativement effectif, un reflux talentueusement organisé de la vie publique au profit d’un activisme mono-polaire et remuant au bénéfice du seul pouvoir. En deux ans, l’entreprise de restauration autoritaire apparaissait déjà dans toute sa splendeur. La clôture de la tentative démocratique était décidée et avérée. Au même moment, le mouvement le plus antinational depuis le colonialisme était réhabilité comme partie intégrante et “réconciliable” du projet national.

La légitimation d’une mouvance pour la dissolution de l’État-nation dans la Oumma supranationale rendait encore plus légitime la revendication de gestion autonome d’une région qui, elle, ne remet pas en cause l’indivisibilité de l’État-nation. Enfin, la facilité avec laquelle le pouvoir conservateur justifiait l’uniformisation autoritaire des règles de vie sociale et institutionnelle par le fait que certaines revendications, culturelles, linguistiques et démocratiques, étaient d’émanation “régionale” ou “minoritaires” achevait de désespérer la région – dont la spécificité socioculturelle, et donc politique, est une réalité – de toute évolution politique partagée.

“Que la Kabylie cesse de revendiquer pour les autres ce qu’elle veut pour elle-même”, écrit Ferhat M’henni, résumant son constat de divorce de fait. Ce n’est pas aujourd’hui que le patriotisme est réduit à s’exprimer par le soutien à une équipe de football qu’il faille aller vite en besogne et contester aux “makistes” leur nationalisme. D’ailleurs, la commission de réforme de l’État, dont la mise en œuvre a été abandonnée en même temps que toutes les velléités de réformes de la dernière décennie, avait préconisé la nécessaire régionalisation de la gestion nationale. Ce genre d’évolution a l’intérêt de renseigner sur l’amplitude du déficit de considération qu’un pouvoir autiste prête aux besoins et aux aspirations des Algériens et sur sa propension à pousser aux formes ultimes de revendication.

Comme quoi,il n y a que les esprits tordus pour crier haro sur la gestion autonome d’une région. Regardons ce qui réussit ailleurs et qui n’est pas signe de division mais bien au contraire.

On peut compter sur les pseudo nationalistes pour nous chanter leur chant des sirènes rébarbatif sans apporter la moindre explication sur les méfaits d’une gestion autonome sinon crier à la scission ,division ,éclatement etc ..des mots vides de sens… pour faire peur …

Je compte sur vous pour enfoncer le clou sans apporter une vraie objection ni proposition.

Mustapha Hammouche
21.04.2010
Liberté – Algérie