La Kabylie n’est soluble que dans son propre Etat

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Hocine Azem membre fondateur de l'URK
Hocine Azem membre fondateur de l'URK

CONTRIBUTION (TAMURT) – Certains acteurs politiques lient le destin de la Kabylie à celui de l’Algérie. Les impératifs historiques post-coloniaux évoqués sont, à mon sens, plus complexes qu’on veut nous le faire croire. Il a été vérifié à maintes occasions que la Kabyle exprime les vœux d’une Nation à part entière. Les Kabyles souhaitent réaliser un projet de société universel aux antipodes des projets arabo-islamiste dans toutes ses multiples conceptions adoptées par tous les courants politiques qui traversent la société algérienne.

Les tenants de cette union sacrée avancent deux types de propositions : La régionalisation et le fédéralisme pour sortir l’Algérie de la crise multidimensionnelle dans laquelle elle s’est empêtrée depuis les années 1962. Ces deux propositions sont porteuses de gros risques pour le peuple kabyle, qui en réalité, veut s’émanciper de tutorat de l’Algérie pour s’épanouir dans un cadre propre à la Kabylie en tant que Nation, peuple et société indépendants des autres Algériens avec lesquels ils ne partagent pas le même projet sociétal.

L’approche des deux peuples vis-à-vis de la religion est diamétralement opposée. Pour le kabyle, le respect de toutes les religions et autres cultes est un principe cardinal. Pour l’Algérie, l’islam doit se vivre comme religion et comme culture. En découle naturellement un mode de vie des Kabyles est différent voire même en contradictions avec les dogmes des Algériens qui se référent uniquement à l’Islam pour arbitrer toutes les questions existentielles. Nos mythes fondateurs en tant que Kabyles sont niés par l’écrasante majorité des Algériens en nous imposant une conscience au mépris de notre Vision du Monde. Notre culture est rabaissée en permanence, dans leurs discours récurrents et dans tous les courants d’opinion politique en Algérie. Pis encore, un négationnisme est opposé à notre Histoire par les Algériens qui se reconnaissent plutôt dans l’arabo-islamisme que dans les valeurs de la civilisation historique amazighe plusieurs fois millénaires.

Revenant maintenant aux courants politiques kabyles algériannistes qui nous proposent des sorties de crise via la régionalisation et le fédéralisme, par là-même solution nous allons se dissoudre dans l’Algérie afin de former une Nation à majorité arabo-islamiste. Nous serons minorisés éternellement dans une Algérie qui nous opposera la règle de veto-démocratique ; la majorité décide, la minorité respecte. La régionalisation et le fédéralisme sont, en réalité, des projets qui peuvent se concrétiser dans le cadre d’une Kabylie indépendante. On y trouve une symbiose et une adéquation en rapport avec les contenus transversaux adaptés au peuple kabyle. Pour autant, nous croyons que ces deux projets sont viables en Kabylie indépendante et invraisemblables dans une Algérie arabo-islamiste.

Nous ne sommes pas une minorité culturelle et linguistique ni une région spécifique appartenant à Algérie. Nous sommes une Nation ouverte sur l’universalisme qui œuvre au respect et à l’application des principes du droit international notamment le droit à l’autodétermination.

Nous ne sommes pas, non plus, une région ou une minorité prête à se dissoudre dans la Nation arabo-islamiste algérienne ou se régionaliser/fédéraliser avec l’Algérie afin d’exister. Les Kabyles sont une Nation à part entière à l’instar des autres nations dans le Monde. Avec notre propre culture, notre propre langue, notre propre mode de vie, nos propres valeurs sociétales, notre propre histoire, notre propre territoire. Nous avons le droit d’ériger un Etat kabyle indépendant et indépendamment de tous les autres Etats y compris de l’Etat algérien. Toutes les définitions données de la Nation conviennent à la Kabylie et disconviennent à l’Algérie. Notre statut politique, juridique, social, économique et culturel ne peut se réaliser que dans le cadre du droit des peuples à disposer d’eux même.

Notre droit d’ériger un Etat kabyle indépendant sur notre propre territoire est une exigence de l’Histoire. A bien des égards, c’est le même impératif qui avait animé la conférence de Yalta pour se libérer des bourreaux colonialistes, tout comme il a été un impératif de l’Histoire pour les peuples de l’ex-Yougoslavie, tout comme l’Histoire rappela à la raison les peuples de l’ex-URSS ainsi que les peuples de l’ex-Tchéco-Slovaquie. Dans toutes ses régions, la Paix colonise enfin la guerre par la force du droit des peuples contre le droit de la force des colonialistes.

Malgré les tergiversations des Hommes, l’Histoire finira par arbitrer la question kabyle. La noblesse de notre lutte rétablira notre Peuple dans sa souveraineté pleine et entière. Sur ce chemin difficile, nous trébucherons, mais nous y parviendrons. Honneur et gloire aux militants indépendantistes pacifiques kabyles.

J’invite l’élite kabyle à « relogicieliser » ses rapports avec l’Algérie dans le cadre pacifique pour accéder à notre liberté et puissions ainsi vivre nos idéaux de liberté et de dignité dans notre propre patrie.

Hocine Azem,  membre fondateur de l’URK

3 COMMENTAIRES

  1. Aucun article sur l’arrestation de karim Tabbou. Il n’est pas d’accord avec vos idées certes mais il reste un kabyle qui défond ses idées. un minimum de considération. urhamlegh egma uhemelgh wi thikathen. ahya lekvayel ibouken wassif thegsawen.

  2. azul c Est lê moment ou lés kabyles doivent se reunir pour stoper l avancer de l integrisme arabo islamique qui c Est deja implante ces derniers decenis , j Aimerai poser une question a toutes et a tous mês cheres seurs et freres kabyles . vous etes prets a desparetre ??????

  3. Le Fédéralisme fonctionne dans des conditions où il y a des codes communs sur le plan culturel. Les Franco-canadiens et les anglophones se sont certe fait la guerre mais partagent le socle commun d’une culture Européenne qui part de la magna-carta à la révolution Francaise en passant par la Paix de Westphalie qui a fait les nations. Une formule qui marcherait avec les différentes régions Amazighs, à condition qu’elles renoncent à l’arabisation/islamisation comme substitut identitaire. Or l’identité fonctionne par exclusion, c’est d’ailleurs une preuve que ces régions ne sont plus berbères vu que ni l’institution des araches ni la langue ni la vision de la cité ne sont partagés ni avec les chaouis- la majorité est profondément arabisée ni avec les mozabites qui chérissent la langue arabe et ont un Etat islamique codifié. J’en veux pour preuve le fait que les milices de boumediene en 63 ne venaient pas ni d’Israel ni des pieds noirs mais du reste des régions d’algerie. La solution la plus facile est donc pour les assimilés de nous imposer l’habille mental qui nous pose sur le rail de la schyzophrénie, on feint la citoyenneté alors que les valeurs de l’Etat sont tout sauf les notres. Colonialisme hallal is served!

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