La Kabylie toujours dans l’œil du cyclone : Les kidnappings tétanisent les populations

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KABYLIE (Tamurt) – On veut faire de la Kabylie une vraie poudrière, une concentration dangereuse des maquis islamistes et autres grands bandits qui règnent en maîtres. Le salafisme, le wahhabisme, le banditisme et autres réseaux mafieux constituent un maillage bien ficelé, financés et entretenus agissant dans l’impunité totale et finissent le boulot comme missionnaires pour les uns et agents de déstabilisation pour les autres. C’est ainsi que cette Kabylie déchirée, mise à rude épreuve, continue de subir toues les affres que l’on puisse imaginer. Il est aujourd’hui donc établi que les interconnexions entre ces deux phénomènes qui sont le terrorisme sous toutes ses formes et le grand banditisme ne font que contribuer, en maintenant ce sentiment d’insécurité à fragmenter les forces vives de cette région et à semer l’effroi et, la peur et la psychose et partant à lui donner le coup de grâce en venant à bout du peu qui lui reste.

C’est dans cette optique que l’on peut placer cette série noire des kidnappings qui n’en finit pas avec un régime autiste qui ne bouge pas le petit doit devant le cauchemar de tant de personnes, de familles etc, bien qu’il ait fait de cette Kabylie une sorte de garnison.

Les groupes islamiques armés et des groupes de forbans et de bandits de tout acabit règnent sur son territoire en chef des lieux sans être aucunement iniquités. Enlèvements, assassinats, braquage en plein jour de bijoutiers, faux barrages, vols, agressions, cambriolage, toxicomanie…tels sont les phénomène et les maux qui constituent le quotidien de ces populations, triturées, malaxées, broyées par une misère qui en dit pas son nom.
Des mots et maux qui, naguère, qui n’avaient pas le droit de citer à Tizi-Ouzou, une région surnommée par les étrangers « la Suisse de l’Afrique ». Les autorités ne s’encombrent guère de cette situation. Au contraire, elle semble arranger le pouvoir. Sinon comment expliquer l’inertie des services de sécurité qui n’interviennent pas ou seulement une fois trop tard ? En un mois, deux personnes ont été enlevées et ne sont libérées qu’après avoir versé une forte rançon, un bijoutier a été tué en plein centre ville de Boghni, un autre braqué à Aît Aissa Mimoun, une série de cambriolages de villas, pour ne citer que ces faits, qui se sont déroulés récemment à Tizi-Ouzou.

La population est livrée à elle-même, alors que les services de sécurité sont omniprésents dans les quatre coins de la Kabylie. Y a tout à Tizi-Ouzou : brigades de gendarmerie, police et BMPJ, gardes communaux, militaires, etc, mais il manque une seule chose, l’important : « la sécurité des personnes et de leurs biens». Sur les 70 cas d’enlèvements enregistrés à Tizi-Ouzou depuis 2006, presque aucune affaire n’a été élucidée par les services de sécurité. Certaines victimes ont été même exécutées par les ravisseurs, à l’image de Morceli de la région de Makouda, de l’entrepreneur des travaux publics Slimana dans la région d’Aghribs et du fils d’un émigré à Maâtkas. Le doute plane sur la population et le mystère reste entier de savoir qui est derrière les kidnappings. Pourquoi les services de sécurité n’interviennent pas pour les libérer les otages comme cela se fait à travers tous les pays du monde ? À qui profite ce silence ? Si vraiment ce sont des terroristes qui enlèvent, pourquoi ils ne le font qu’à Tizi-Ouzou ? Où va l’argent des rançons payées par les victimes ? Autant de questions qui attendent leurs réponses et qui laissent planer le doute au sein de la population locale.

Ce qui est par contre certain, c’est que plusieurs milliards ont été brassés par les ravisseurs. Il est pratiquement impossible de donner le montant exact des sommes versées par les familles. Selon les spécialistes de la chose sécuritaire, ce moyen est à moindre risque pour les terroristes et autres groupes de bandits qui évitent de se monter tout en amassant des sommes colossales. Avec le trafic de drogue, l’argent des rançons constitue une véritable source de financement des groupes armés. Eu égard au nombre de personnes enlevées, ont est tentés de dire que les sommes perçues par les ravisseurs s’élèvent à plusieurs milliards de centimes. Les adeptes de l’apocalypse ne reculent devant rien pour se remplir les poches. Tous les moyens sont bons, pourvu qu’ils conduisent au butin.

Même les partis politiques implantés dans la région, et surtout ceux dits d’opposition, n’en parlent plus ces derniers temps. Tout ce climat d’insécurité qui persiste depuis le début des années 1990 entrave sérieusement le développement économique local. Les investisseurs de la région sont contraints de quitter cette willaya de Kabylie. « Au lieu de favoriser le développement économique local, nous sommes contraints d’essayer de sauver les meubles !», nous dira un élu de l’APW de Tizi-Ouzou. Une déclaration lourde de sens qui résume à elle seul la dégradation de la situation économique à Tizi-Ouzou. Le chômage sans cesse galopant a atteint sont paroxysme et les fléaux sociaux de tout genre ont trouvé, halas, un terrain propice.

Entre temps, ces groupes de kidnappeurs qui ont vu les cibles potentielles, susceptibles d’être victimes de ces dont des entrepreneurs et des investisseurs, du moins ceux qui n’ont pas décidé de fuir cette région, semblent donc changer de stratégie. Les cibles qui recourent à la diversion et la prise de certaine mesures de sécurité pour y échapper, notamment en ne roulant jamais avec le même véhicule deux ou trois jours de suite, en changeant constamment de numéros de téléphones pour échapper à toute complicité, en n’empruntent jamais le même itinéraire et les mêmes horaires pour se déplacer ou encore se glissent dans les transports de masses, en compagnie de personnes anonymes pour passer incognito, voient leurs enfants transformées en proies. C’est l’enseignement qu’on peut tirer du dernier enlèvement enregistré a Amechras (Mechtras).

Lounès O. et Nadia Iflis