La marche de la Liberté

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On a marché dans nos villes et dans nos villages. On a semé de l’espoir sur notre passage. A Alger, ils nous voient comme un mirage. Ils ignorent qu’elle n’est que l’étincelle d’un nouvel âge.

On a marché dans les rues de la Kabylie. On était polis. On a crié avec des voix bouillies pour dire qu’on n’est pas affaiblis, et qu’on est déterminé à ce que tout soit révolue. Ce qui compte aujourd’hui, c’est la Kabylie comme un absolu. Plus de langage incompris et plus de démagogie. Ce qui nous pousse à marcher s’appellent amour et liberté.

Quatorze années, sont déjà passées. Dans ces mêmes rues, une centaine de morts sont tombés. Un vingt-sept avril deux mille un. Un héros est assassiné, un homme comme on ne voit nulle part, même dans les chefs-d’œuvre de Voltaire ou les légendes de César. Sa mort était une œuvre d’art. Il a fait attendre la mort, il a fait patienter son ange et son lare, le temps d’écrire «LIBERTE» avec son sang et lui offrir ainsi son âme. IRCHEN Kamel est parti en laissant son souffle en sésame.

Certains font parler nos morts à ce qui parait. Ils auraient dit ceci ou ils auraient fait cela. En vérité, On ignore tout de ce que nos morts auraient pensé. On ignore tout de ce qu’ils auraient fait. On ignore ce qu’aujourd’hui serait devenue s’ils savaient ce que leur demain serait. Arrêtons les si et si. Aujourd’hui sera de l’histoire demain. Après-demain, demain sera hier. Demain ne sera que ce que nous ferons de lui. Nos ainés ont beaucoup donné. Ils ont consacré leurs vies et leurs morts pour la Kabylie. On va les laisser se reposer en paix en les gardant dans nos cœurs à jamais.

D’autre encore nous prennent pour des rêveurs, notre projet, pour eux n’est que malheurs à cette terre déjà en douleur. Mes frères, Ce sont nos montagnes qui créent nos rêves. C’est pour elles qu’on endêve. Notre malheur d’un jour fera leurs bonheurs de toujours. Elles sont la premier dimension de notre culture qui depuis des siècles se torturent pour faire de nous ses protecteurs. Si la raison s’allia au cœur, cette terre possède en elle ce qui suffira à tous en bonheur.

D’autres nous appellent, les extrémistes. Ah, que c’est beau de voir que les limites sont ainsi reculées et déplacées. Jadis, l’extrême était de refuser de voter, même que c’était juste par respect pour la démocratie. On ne manifestera plus pour agacer les voyous d’Alger. On ne veut plus dérégler leurs DEMOCTATURE.

Certains qui seront un jour des nôtres disent : «on ne fait pas de la politique avec des slogans». J’ai juste envie de leurs dires que c’est un bon slogan pour les enfants qui jouent encore au toboggan. Ce qu’on a fait dans les rues est plus digne pour l’appeler «Politique» même si la politique est aussi digne quand elle n’est pas salie par des démagogues et des charlatans.

D’autres disent que la Kabylie est condamnée et que l’histoire va la basculer à tout jamais. Ce qu’ils oublient est que plusieurs empires avant celui-ci ont déjà essayé. Ils sont tous disparus et, le peuple de Kabylie a toujours survécu. Les régimes et les empires disparaissent, les peuples eux, restent.

D’autres et d’autres encore diront ceci et cela. Ils diront qu’on aura faim, qu’on sera pauvre et ainsi sans fin. C’est légitime et on en parlera mais, aujourd’hui, nous sommes avant tout Kabyle, et le reste du monde s’appellent « étrangers ».