La menace guette des centaines de milliers de personnes : La Kabylie submergée par les ordures

8

KABYLIE (Tamurt) – Appelée jadis la petite Suisse, vu sa beauté naturelle et surtout sa propreté légendaire, la Kabylie est devenue, en un temps relativement très court, l’une des régions les plus menacées par les décharges sauvages et les ordures en Afrique du nord.

Tizi-Ouzou, à elle seule, compte environs 2 000 décharges sauvages éparpillées à travers les 1500 villages qu’elle compte. Aucun endroit n’est épargné. Les chaussées, les ravins, les plages, les lieux d’escapade et de villégiature, les villages, les villes, les arrêts de bus, les marchés hebdomadaires, les sources naturelles,…sont tous jonchés par toutes sortes de détritus.

La situation écologique est dramatique en Kabylie. Dame Nature est plus que jamais menacée. Tirer la sonnette d’alarme ne suffit pas aujourd’hui.

Il est impératif d’agir. Incomber, en outre, la représentabilité uniquement aux autorités locales est injuste. Le manque de civisme des citoyens est une réalité qu’il faut reconnaître et déplorer en même temps.
La propreté et l’hygiène, pratiquées naguère comme une religion en Kabylie, disparaissent graduellement.

De leur côté, le laisser-faire des pouvoirs publics est aussi flagrant. Aucune politique ni feuille de route n’est envisagée par les autorités concernées pour sauver la Kabylie de cette malédiction de plus qui la guette. Les décharges sauvages, qui poussent comme des champignons, sont grandement autorisées, voire même favorisées.

La solution temporaire prévue depuis 5 ans, à savoir l’implantation des Centre d’Enfouissement Techniques (CET), est rejetée catégoriquement par la population locale. Sur les 8 prévus, 1 seul a été réalisé pour le moment. Pour les autres, aucune localité ne veut receler les CET, qui, pour rappel, leur durée de vie est limitée au maximum à 25 ans, sans parler des désagréments qu’ils causent à la nature, et surtout la nappe phréatique.

Le ton a été donné par les habitants de la localité de Souama. Ils ont décidé d’empêcher l’implantation d’un CET au niveau de Boubhir même par la voie de la force. Le wali a fait appel à la force publique afin d’entamer les travaux. Le recours aux armes n’est pas écarté par les habitats d’Illoula et de Souama.
Même son de cloche au niveau au nord de Tizi-Ouzou. Les villageois D’El Kalaa, région de Tigzirt, ont également décidé de bloquer la réalisation d’un projet similaire à proximité de leur village.

« La seule solution est de mettre en place des centres de recyclage comme cela se fait dans les pays développés et qui se soucient vraiment de la protection de l’environnement. On dit que ce genre de projet coûte cher, je me demande d’où viennent alors les milliards de dollars avec lesquels ils construisent des mosquées dans chaque hameau de l’Algérie, sans parler de la grande mosquée d’Alger », fulmine un habitant de Tizi-Ouzou.

Nadia Iflis