La nécessaire clarification!

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L’auteur de cette contribution sous le nom de Ahsen Nat Zikki était un militant du MAK depuis l’appel à l’autonomie en 2001 et jusqu’en 2010, année où il démissionna suite à la proclamation du GPK qu’il considéra comme prématurée. Il a expliqué sa décision dans une lettre diffusée alors sous le titre : Du MAK au GPK, les raisons de la démission. Il est un militant convaincu d’un destin propre pour la Kabylie pour échapper au naufrage qui la guette.

CONTRIBUTION (Tamurt) – Tout récemment en Kabylie, M Ait Chebib Bouaziz, a fait une déclaration plus qu’utile et claire, en même temps, à l’occasion  d’échanges avec des militants et des citoyens kabyles. Il est revenu sur le contenu du projet de l’autodétermination de la Kabylie en y apportant des éclairages qui pourraient résulter d’une demande de citoyens qui s’interrogeraient sur le sens à donner à l’idée du référendum préconisée par le MAK et approuvée par le GPK. Après avoir explicité dans des termes limpides et compréhensibles de toutes et de tous, il annonce ce que sera le moment venu, la question à laquelle le peuple kabyle sera appelé à répondre ou à se prononcer.

Il est indispensable, en effet, de planter le décor dès à présent afin que tout(e) un(e) chacun(e) soit instruit(e) de l’épreuve du référendum à traverser avec succès, conviction et en connaissance de cause  quant aux tenants et aux aboutissants d’une telle consultation et de ses conséquences sur l’avenir de notre peuple. M Ait Chebib rappelle, sans détour ni faux- fuyant, que la question qui sera posée aux citoyens Kabyles portera sur le choix entre trois question d’avenir pour le peuple Kabyle. Sans en préciser l’ordre, la formulation de ces trois questions concernera : l’indépendance de la Kabylie par rapport à l’Algérie. L’autonomie de la Kabylie par rapport au pouvoir central d’Alger. Et enfin le maintien, comme c’est le cas à présent, au sein de ce qui est appelé communément la communauté nationale.

Outre ces précisions de taille, M Ait Chebib, rajoute que dans tous les cas, ce sont tous les citoyens kabyles dans leur écrasante majorité – si ce n’est dans leur totalité – qui se prononceront en toute liberté et loin de toute pression, d’où qu’elle vient, sur l’avenir qu’ils aimeraient qu’il soit le leur. Cette clarification a pour mérite, au moins, trois faits.
– La parole sera donnée au peuple Kabyle dans l’expression de son choix.

– C’est en toute liberté qu’il se prononcera sur la voie qui lui paraît à même de le conduire à bon port.

– Le sujet est de nouveau sur la table afin de permettre à tout(e) un(e) chacun(e) de reprendre la parole en toute, liberté et responsabilité afin d’exprimer ses vues sur le sujet loin de toute surenchère.

Ce rappel des choses qui vient de la part d’une personnalité qui lutte, avec d’autres, sur le terrain des évènements pour faire barrage au projet de pacification de la Kabylie rappelle, si besoin est, la nécessité impérieuse pour notre réussite de revenir aux principes fondateurs de notre société qu’est la quête permanente d’un consensus entre les citoyens pour toute recherche de solution durable et pérenne pour la résolution des conflits.

C’est un coup d’arrêt net à la politique de fuite en avant et de fait accompli que d’aucuns aimeraient suivre et imposer.

Ahsen Nat Zikki