La population exige la fermeture de tous les lieux de débauche de la région : La mairie de Boudjima fermée et sit-in devant le tribunal de Tigzirt

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SOCIÉTÉ (Tamurt) – Pour la troisième journée consécutive, la population de la localité de Boudjima, à 30 km au nord de Tizi-Wezzu, est toujours en colère. L’axe routier principal qui dessert la localité est bloquée à la circulation automobile au lieu-dit Tala Taghat. Le siège de la mairie a été fermée tôt dans la matinée d’aujourd’hui par les manifestants et un rassemblement a été tenu cet après-midi devant le tribunal de la ville côtière de Tigzirt. Un seul mot d’ordre : «fermer tous les bars clandestins de la région, les lieux de débauche et les cabarets».

Toute honte bue, le procureur du tribunal de la ville de Tigzirt a demandé aux habitants de Voudjima d’établir une pétition afin de la remettre à la brigade de la gendarmerie de Sidi Naâmane, territorialement compétente, pour ensuite procéder à la fermeture des bars clandestins et des lieux de débauche ! Une réaction qui démontre la volonté du pouvoir de ne pas fermer ces débits de boissons, sources de tous les malheurs de la région, tels que le banditisme, la toxicomanie qui ravage des franges entières de la population locale, surtout la classe juvénile.
Le pourrissement de la Kabylie est une stratégie initiée par le pouvoir depuis les événements du printemps noir, au début des années 2000.

La genèse de ce soulèvement brusque des villageois est, pour rappel, la bataille rangée qui a éclaté samedi soir dans un bar à Voudjima entre deux bandes rivales. Un accrochage avec armes à feu a même eu lieu. La rixe s’est propagée telle une boule de neige à d’autres bars et cabarets de la région. Les échanges de coups de feu ont provoqué une panique générale au sein de la population locale. Les scènes étaient dignes des films d’actions américains. Le pire a été évité de justesse, selon des habitants d’Ath Ouagnoun.

Le mouvement de protestation a pris de l’ampleur. Toute la population locale est sortie dans la rue aujourd’hui pour appuyer ce mouvement.

Youva Ifrawen

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