La république arabo-intégriste d’Alger en guerre contre la Kabylie séculière

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KABYLIE (Tamurt) – Jeudi 12 août, au deuxième jour du carême musulman, à Aïn El Hammam, la police a appréhendé 2 hommes à l’intérieur du chantier où ils travaillaient, qui se trouve être mitoyen du commissariat de la ville. L’opération a été conduite par une escouade de 4 policiers (2 Kabyles et 2 « non-Kabyles »). Cette composition « ethnique » révèle le degré de confiance que le pouvoir accorde aux Kabyles, considérés toujours comme des auxiliaires dans toutes les institutions de l’État.

Ces 2 citoyens ne sont pas des repris de justice. Ils ne sont pas non plus des dealers, ni des trafiquants, ni des bandits de grand chemin, ni des kamikazes et ni des objecteurs de conscience. Ce sont de sobres et paisibles travailleurs qui s’apprêtaient à prendre leur casse-croûte de mi-journée au troisième étage de la bâtisse, derrière un paravent de briques et où ils supposaient être loin de tout regard.

Méprise de leur part, car la police veille! Elle veille non sur la quiétude et la sécurité des citoyens, mais à inventer des motifs de tension et d’antagonisme pour dresser des Kabyles contre leurs frères. Car, il faut le savoir, cette arrestation ne s’est pas faite incidemment, mais relève d’une volonté délibérée de sévir contre des citoyens connus pour être de confession chrétienne, choix qu’ils ont toujours assumé avec tranquillité et confiance dans leur village, au milieu des leurs, sans que jamais aucun aléa ne vienne perturber la sérénité de tous et de chacun. Ce haut fait d’armes de la police de Bouteflika en Kabylie est à inscrire dans la volonté du régime à stigmatiser toujours et toujours cette région qui aspire à vivre dans la liberté et qui refuse résolument de se travestir dans la défroque arabo-islamiste.

Au demeurant, les 2 victimes de cet arbitraire manifeste ne sont ni effarouchées par la situation, ni inquiètes de leur sort et ni douteuses de leur conviction. Au cours de leur audition au commissariat de police, elles ont décliné leur confession et déclaré ne pas comprendre les raisons de leur interpellation. Lorsqu’un policier, chafouin plus que de raison, leur assène qu’elles sont coupables « d’avoir mangé Ramadane », elles répondent tranquillement « ne pas avoir mangé Ramadane mais seulement du pain » pour s’alimenter. Il est probable que cette réponse n’ait pas été appréciée puisqu’au lieu de leur élargissement, les deux ouvriers ont été déférés devant la procureure d’Ain El Hammam. La magistrate en hidjab, instruite par le Procès-Verbal établi par la police et d’autres accusations infondées et informelles, a réitéré la même accusation et a obtenu la même réponse. Les victimes sont laissées en liberté jusqu’au procès qui leur est injustement intenté pour le 21 septembre 2010.

Cette affaire montée de toutes pièces par le zèle de la police d’Ain El Hammam contre de victimes innocentes commence à échauffer sérieusement les esprits dans la ville et dans toute la Kabylie. Le ras-le-bol général est quasi palpable. Les manifestations de soutien sont multiples. On a appris qu’une délégation du MAK a rendu visite aux victimes le samedi 14 août pour leur apporter son soutien. Les citoyens de la cité proposent de faire des sit-in récurrents devant le commissariat de police pour exprimer leur révolte et avertir que les exactions policières ne seront plus tolérables et que cette institution, dévoyée de sa mission, aura à porter l’entière responsabilité des conséquences des dérives de ses membres.

Tandis que tous les rois et présidents des pays arabes et islamiques applaudissent à tout rompre la position du président des États-Unis d’Amérique qui soutient la construction d’une mosquée à New York, à quelques encablures des vestiges des Tours jumelles, en application des dispositions de la constitution américaine, le pouvoir de Bouteflika, lui, enrage contre la Kabylie séculière qu’il s’est promis de déstructurer; cette région où la tolérance et la liberté ont toujours été des vertus cardinales. C’est toute la différence qu’il y a entre la démocratie et la barbarie.

Il n’y aura jamais de guerre civile kabyle pour cause de religion. Il y a quelques jours, la population d’Aghriv a montré sa cohésion et sa détermination face aux assauts intégristes appuyés par l’Administration. Il en sera de même à Aïn El Hammam. C’est une certitude.

AMEZYAN AÏT ZIRI

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