La résurrection d’une nation

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L’idée de l’homme Nation est meurtrie et celle de la terre patrie est flétrie. Des milliards d’entre nous se divergent et se convergent. Le reste vit des utopies vierges. Un jour, un rêve verra le jour. Une seul nation et une seul patrie. En attendant :

Rien de ce qui est n’est pour rien mais, rien de ce qui est n’est définitif. Ni le soleil dans sa course passive, ni l’Algérie sur nos terres inoffensives. Rien n’est important sans nous. Rien, n’est possible avec eux. Si la nature a fait de l’hiver une lutte des éléments, les kabyles on fait du printemps une lutte pour leur liberté et leur indépendance.

L’Algérie veut être une nation, battit sur nos terres, elle n’est qu’une illusion, unit par la haine. Elle nous veut avec elle dans une même nation, mais elle nous en veut d’être nous-même, attachés à nos traditions. Elle veut un peuple qui se transforme en arabe et en musulman, soumit et uniforme. Elle veut un peuple qui dorme, elle veut nous imposer ses normes.

Sur nos terres, notre peuple est une nation qui n’est pas comme l’eau, il n’épouse pas le vase et sa forme. L’Algérie peut attendre sous l’orme. Notre peuple ne peut se délogé ni commandé par un étranger.

Depuis soixante-deux, pour l’Algérie nous étions le problème et depuis, les solutions ne sont qu’anathèmes. « Un problème sans solution, est un problème mal posé » disait EINSTEIN. La solution aujourd’hui est toute trouvée car le problème est bien posé. La Kabylie n’est plus une région mais, un ETAT indépendant. Son peuple n’a plus aucunes revendications, car, il redécouvre qu’il est tout simplement une nation.

Depuis quatre-vingt, le combat est celui de la langue et de la culture. Pour que la liberté ait son investiture, nous marchions sans arrêt en acceptant les morsures. On oubli ainsi l’industrie et l’agriculture. Nous sommes devenus des mendiants, dans la nation à laquelle nous appartenions. On paie en sang les miettes que nous ramassions, ils nous les jettent en nous rejetant. On les suit quand même en les suppliant.

Depuis deux mille un, les choses ont changées. Nous marchons plus sur Alger. Mais l’Algérie pour nous n’est qu’un pays étranger. Et, la Kabylie n’est qu’un pays colonisé. N’oublions pas quatre-vingt-dix-huit, la vie d’un monument a été abrégée, par les chasseurs de lumière. Avant, il y’avait encore quatre-vingt-quatorze quand l’école en Kabylie a été fermée pour toute une année.

Beaucoup d’autres dates encore font tâche sur le registre des relations avec nos voisins d’Alger. Mais ces dates pour nous, ne sont qu’une confirmation que nous sommes un peuple et une nation unit.

Dans la vie d’une nation, les moments où le peuple fait bloc se comptent sur les doigts d’une main.

Le 14 juin 2001, la Kabylie s’est vidée, le peuple a marché pendant des jours, à pied, les montagnes se sont arrachées pour nous épauler, mais l’Algérie nous a rejetés. La Kabylie s’est découverte ainsi la Nation qu’elle a toujours était.

Par Chafaa CHAFAI