La voie salvatrice

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CONTRIBUTION (Tamurt) – La nouvelle de ce déni de trop a poussé les Kabyles à affronter les forces de l’ordre de la terrifiante dictature d’Alger. Depuis, l’événement est gravé dans notre mémoire. Chaque 20 avril, nous marchons dans les grandes villes de Kabylie. Au fil des ans, ce rituel est devenu un pèlerinage que chacun de nous accomplit dans l’espoir d’infléchir le joug et le déni imposés au peuple kabyle. De promesses en déni, de mensonges en manipulations, ils estiment pouvoir encore gagner du temps.

De notre côté, nous avons enfin fini par comprendre que nous sommes un peuple. Un peuple fier de sa culture, de son passé et de ses visions d’avenir. Depuis, nous avons assumé notre naïveté et nos erreurs stratégiques. Nos engagements sans faille lors des luttes passées, contre la France coloniale et le terrorisme islamiste révèlent combien nous avons cru en un avenir commun dans une Algérie plurielle. S’il se trouve aujourd’hui des hommes politiques kabyles qui feignent de croire que le pouvoir algérien ne cherche pas la déstructuration totale de la Kabylie pour la faire rentrer dans les rangs, c’est qu’ils sont complices du génocide culturel et devraient en assumer l’entière responsabilité. Ils cautionnent cette politique dans l’espoir de gagner la confiance de leurs maîtres qui les appâtent par une improbable cession du pouvoir dès que les rapports de force se stabiliseront au sein du sérail. Mais comme la junte d’Alger sauvegarde bien ses intérêts depuis un demi-siècle,
El Mouradia devrait paraître aux prétendants kabyles tel un mirage qui s’approche et s’éloigne au grès des positionnements des clans.

Quant à nous, peuple kabyle, ces mêmes politiciens adorent nous voir suspendus à leurs lèvres, surtout quand ils nous racontent les coups foireux des voyous qui nous gouvernent. Dans une telle situation, il est normal qu’à longueur d’échecs et, si souvent éconduits, certains prétendants empressés perdent leur sang froid.

Il est temps de mettre un terme au laisser-aller. Car à force de fréquenter les voyous politiques, on finit par prendre goût à leurs phantasmes. Les jeunes Kabyles ont compris et assumé la leçon. Il n’y a plus rien à espérer de ce régime, ni de ses relais et courtisans. Ces derniers nous mènent à notre effacement pur est simple.

Un Homme, le seul parmi nos politiciens, est conséquent avec le peuple kabyle en lui proposant la seule voie pouvant lui permettre de rester vivant. Il dit NON à l’extermination de la culture kabyle et refuse de pérenniser la politique inconséquente, qui consiste à croire que les rentiers du pouvoir vont avoir honte et nous remettre volontairement celui-ci et la cagnotte qui va avec.

Cette lucidité et ce formidable courage politique nous offrent des perspectives concrètes. Ils nous promettent un avenir certain au lieu d’un certain avenir qu’on n’a pas cessé de nous promettre depuis près de 50 ans.
Nous devons être fiers de notre cheminement, du berbérisme constant au dynamisme créatif et libérateur de la Kabylie. Et c’est justement là que me vient à l’esprit une phrase de Dda Abderahman Bougermouh : « J’aimerais réaliser un film sur le cheminement du combat berbère et sur l’espoir de la Kabylie. L’homme qui incarnerait ce parcours convenablement ne serait autre que Ferhat Mehenni ». Mais pour le leader charismatique kabyle, le temps est plutôt de doter son peuple d’un État.

Le dynamisme de l’Ancien répond incontestablement aux aspirations démocratiques et libératrices d’une jeunesse kabyle plus que jamais décidée à prendre son destin en main.

Dans un avenir proche, bien d’autres tabous seront brisés, déblayant ainsi la voie de notre émancipation.