L’académie de tamazight jetée aux oubliettes

1
Académie de langue amazighe
Académie de langue amazighe

KABYLIE (Tamurt) – Le Premier ministre Ahmed Ouyahia avait annoncé, il y a quelques semaines à Alger, que l’académie algérienne de langue tamazight allait être officiellement mise sur pied au début du mois de décembre en cours. Nous sommes le 13 décembre, et on ne voit rien se dessiner. Mais ce n’est pas la première fois que de hauts responsables algériens font des promesses sans lendemain.

Devant le report sans cesse dela date de la mise en place de l’académie algérienne de langue tamazight,annoncée depuis avril 2016 (deux ans et demi déjà), le Premier ministre Ahmed Ouyahia a été interpellé maintes reprises par des journalistes. Ahmed Ouyahia, lors de sa dernière révélation à ce sujet, avait évoqué avec son air d’assurance habituel, que cette académie allait officiellement voir le jour au début du début décembre 2018. Une promesse qui ne semble pas avoir été tenue puisque rien n’est fait jusque-là. Pourquoi autant de retard mis dans le lancement de cette académie ?

Au début, les responsables au plus haut niveau de l’Etat évoquaient la mise en place de la loi organique comme étant la raison qui expliquerait ce retard de plus de deux années. Mais depuis que cette loi a été élaborée et votée, aucune raison objective ne pourrait expliquer cette absence de concrétisation de la création de l’académie algérienne de langue tamazight sans laquelle, tout ce qui se fait actuellement dans le domaine de la promotionet de l’enseignement de tamazight, reste synonyme de véritable bricolage. Le hic, c’est qu’à la veille du lancement d’une telle académie, il aurait été logique qu’un minimum d’informations circulent de bouche à oreille notamment concernant certains détails comme sa composition. Mais jusque-là, en dehors des lectures faites par des observateurs avisés et des supputations tous azimuts, rien n’a filtré sur ce que sera cette académie.

Il est à craindre légitimement que cette future académie algérienne de langue tamazight soit une montagne qui accouchera d’une souris, l’expérience désastreuse du Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA) étant des plus édifiantes, ajoutée à celle du Centre National Pédagogique et Linguistique de l’Enseignement de Tamazight dirigé par un certain Abderrezak Dourari, un amazigh de la vingt-cinquième heure !

Tarik Haddouche

1 COMMENTAIRE

  1. Les  » institutions  » de l’ État arabe servent à domestiquer la langue amazigh, comme au Maroc où cela a plié les amazigh aux valeurs de l’ État arabe.
    Sauf l’ État amazigh né des valeurs Amazigh peut véhiculer la langue qui ne peut être dissociée de sa vision du monde. La greffe de peuples est du nazisme.

COMMENTER

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici