Lahouari Addi : « Krim et Amirouche n’ont pas défendu Abane »

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Les Kabyles qui ont libéré l'Algérie
Les Kabyles qui ont libéré l'Algérie

ALGERIE (TAMURT) – Le sociologue algérien et professeur à l’université de Lyon Lahouari Addi, auteur de nombreux livres et contributions dans des revues de haute facture, a révélé hier que Krim Belkacem et le Colonel Amirouche, qui était le chef de la Wilaya III historique, n’ont pas défendu Abane Ramdane contre les dirigeants du FLN/ALN qui le prenaient pour cible à l’époque.

Les zones d’ombre concernant la guerre d’indépendance algérienne ne cessent d’être levées progressivement par les historiens et les chercheurs qui se penchent sur ce sujet avec plus d’objectivité et d’audace mais il reste à savoir comment vérifier la véracité des faits relatées quand chaque auteur écrit sa version selon ses propres convictions politiques voire selon ses penchants idéologiques. L’histoire officielle de la guerre d’Algérie a été pendant des décennies falsifiée par les décideurs qui ont préféré la faire écrire à leur manière pour cacher toutes les zones d’ombre et toute vérité qui dérange. On a pendant longtemps attribué l’assassinat de Abane Ramdane à l’armée française alors que ce sont « ses frères » qui avaient décidé de mettre un terme à sa vie et qui l’ont exécuté à Tétouan au Maroc. Il a fallu plus de quarante ans pour que cette vérité fasse enfin presque l’unanimité et ne soit plus sujette à spéculation ou à une remise en cause.

Pour pouvoir arriver à une version la plus proche possible de la vérité concernant l’histoire de la guerre d’indépendance algérienne, il faudrait qu’il y ait un maximum d’écrits de la part de vrais intellectuels. Lahouari Addi en est un. Mais il faut souligner que dans sa récente contribution rendue publique hier, Lahouari Addi ne semble pas être totalement objectif surtout quand il écrit par exemple que Abdelhamid Ibn Badis était favorable à l’identité et à la culture amazighe. Ou encore quand il écrit que le Ibn Badis n’était pas contre l’indépendance de l’Algérie. La position de Ibn Badis contre l’indépendance est pourtant un secret de polichinelle, un peu comme celle de Messali El Hadj d’ailleurs que d’aucuns n’hésite pas à qualifier de harki ou traitre aujourd’hui. Lahouari Addi dit pourtant le contraire. Un peu plus loin, Lahouari Addi écrit aussi ou plutôt révèle que : « Ni Krim Belkacem ni Amirouche, cadres dirigeants du PPA-MTLD, n’ont défendu Abane Ramdane contre les attaques de Boussouf, Bentobal, Ben Bella… « .

Lahouari Addi ajoute :  » Néanmoins, pris de remords, les populistes au pouvoir après 1962 ont donné le nom de Abane Ramdane à plusieurs grandes artères d’Oran, d’Alger, de Constantine, de Tizi Ouzou… ».

Tarik Haddouche

3 COMMENTAIRES

  1. Venezvoire comment ils nous représentent à l’extèrieur. Sur sputnikfr.com le régime émet des fatwas en guise de représentation culturelle et identitaire. Une colonisation .

  2. Ces êtres sans cervelle, les Krim et consorts, ce sont eux qui ont vendu la Kabylie. Grâce à eux, aujourd’hui, on est dans la merde jusqu’au cou.
    Faire confiance aux arabo musulmans, faut juste être fou !!!

  3. S’il y a un indicatif de confusion actuelle de État arabe par défaut et son identité arabe imposée par De Gaulle, élevée par légèretée à « constante », c’est dans cette déclaration que se nichent les contradictions dans l’âme Algérienne. On nie la dynamique dès sa naissance, à savoir que messali a été utilisé par le couple franco- turc et que le congrès du Caire rendait plus claire la vision politique qui déternimera ensuite ses effets sur l’échiquier politique. En niant au Caire les principes et valeurs Amazigh que sont – la primauté de l’intérieur sur l’extérieur et le civil sur le militaire- les agents de l’arabislamisme avaient tracé la voie sémantique et les contours politiques qu’allait assumer la politique algérienne. Le fait que Abane soit mort physiquement après est juste un detail, parce qu’il avait depuis le Caire dennoncé le « féodalisme « arabislamique qui s’instaurait, fatalement son raisonnement aurait abouti politique sur une séparation politique de la kabylie. Comme l’arabisme est conséquent, il fallait donc liquider Abane parcequ’il repprésentait un danger à cette arabislamisation. Cette raison politique claire a la nécessité d’être couverte et nuancée, le fait qu’on insiste à associer Krim en l’invitant sur scène dit clairement qu’il y a continuité projectuelle. Comme durant le congrès du Caire, quand c’est dans les couloirs qu’on corrige la Soummam, l’embrouille a été la même à Kenitra, comme elle le sera avec la première constitution algérienne, écrite dans un cinéma, ce qui est suivi par le massacre de 63 en Kabylie dont les acteurs sont Algériens venus d’autres régions, les mêmes qui se mobiliseront comme un seul homme pour la palestine. boumediene ne tuera pas benbella mais khider krim oui.
    La mort physique et politique de Abane et de Krim s’inscrit dans le fait d’avoir accepté de rabaisser les valeurs et choix civilisationnels à la mystification politique du vote à majoprité, c’est comme demander aux juifs de mettre aux votes référendaire leur existence politique dans parlement Nazi. Les valeurs sont des indicatifs qualitatifs d’une société donnée elles décrivent une société et ses limites et différences d’une autre, ce qui ne peut faire l’objet de décompte numériques, sinon en Kabylie l’Algérie arabe aurait accepté de ne pas arabiser l’école, l’État est ses valeurs qui se déploient sur un territoire donné. Les valeurs s’imposent verticalement et c’est ce qu’avaient compris les arabisants et arabiseurs que les laïcs Kabyles n’ont pas su. Du reste c’est la tare sur le plan historique qui a fait que nous n’ayons pas d’État central. Les arabes et les turcs ( la Turquie avait voté contre l’indépendance de l’Algérie) ont gagné ( le kouliglis benbadis- qui s’inscrit dans la pensée de massali dont Arsalan( un agent turc) fut le maitre chuchoteur. Donc ni l’un ni l’autre n’ont jamais admis de culture Kabyle mais a placé l’Algérie dans l’assimilation à l’arabité), ce qui est clairement paraphé par De Gaulle…
    Cette thèse a le mérite de dire que les analyses politiques suivent les affinités culturelles lesquelles disent l’éthique à laquelle appartient l’ auteur.

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