Laïcité, liberté de culte au RCD : de dérive en trahison

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Laïcité, liberté de culte au RCD

ALGERIE (Tamurt) – Lorsque, de façon ostentatoire, M. Mahfoud Belabès, Président de l’Assemblée Populaire de Wilaya à majorité RCD, se démarque de ses deux concitoyens de Asqif N Tmana (Aïn El Hammam), on a cru à une dérive personnelle d’un confrère d’une zaouia qui donne des gages à ses sponsors au pouvoir.

Lorsque dans la même affaire, on découvre que M. Boubekeur Derguini, le Chef du groupe parlementaire du RCD à l’APN (Assemblée Nationale Populaire) a, lui aussi, exprimé ostentatoirement son refus de soutenir les deux mêmes citoyens, on a cru simplement à une espèce de solidarité avec la calamiteuse assemblée où il siège.

Mais lorsqu’on apprend que c’est le maire de Larvεa n At Yiraten qui a mis en demeure par courrier municipal les 4 citoyens d’At Atelli, leur intimant l’ordre de mettre fin à l’exercice de leur culte et que, faute d’obtempérer, il sévirait, la boucle est fermée. On est alors bien obligé de comprendre que les dérives du RCD, qui paraissaient comme des glissements sémantiques, ou de postures individuelles, sont devenues clairement comme étant une démarche politique concertée qui sert à saper tout le substrat culturel de liberté et de laïcité du peuple kabyle, légué de génération à génération.

D’ailleurs, lorsque M. Sadi s’est déplacé à Aγriv pour défendre “l’islam de ses ancêtres”, il dénie volontairement le droit à des citoyens, pour certains de sa tribu même, de défendre “le christianisme de leurs ancêtres”. Aujourd’hui, force est de constater que le parti qui, dans son programme, prône, entre autre, la laïcité, a gravement porté atteinte à des fondements de liberté et de tolérance qui sont des attributs consubstantiels du peuple kabyle depuis la nuit des temps.

Le MAK, toujours assidu à heure et à lieu, salue la mobilisation de ses militants et des citoyens qui, par leur présence solidaire, leur détermination et leur courage, ont fait reculer la terreur policière au quotidien et les velléités d’instrumentalisation de la justice lors des procès intentés contre nos concitoyens.

La Kabylie est donc édifiée sur un parti qui a choisi de bivouaquer avec des procureurs et des commissaires de police au lieu de défendre les droits de ses concitoyens. Le peuple kabyle prend acte de sa forfaiture qu’il imprime de façon indélébile. Le moment venu, chacun aura à répondre de ses actes et responsabilités.

Muhend At Waεmar

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