L’Algérie constitutionnalise « l’infériorité » de Tamazight

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KABYLIE (Tamurt) – Qu’est-ce que le projet de révision de la constitution algérienne apporte de nouveau ? En dehors des aspects  politiques relatifs à l’Algérie. La Kabylie ne tire aucune avancée significative, on peut même qualifier les propositions de dangereuses.

Le premier niveau de dangerosité se situe au niveau de la pseudo-officialisation de tamazight qui devient otage d’un système qui depuis la nuit des temps ne cache pas sa haine et son racisme envers tout ce qui n’est pas arabe. Le fait de décréter que cette langue doit être réformée pour en faire une sorte de langue commune à tous les Algériens est insensé. . Confier Tamazight à un pouvoir illégitime revient à confier son troupeau au renard. L’expérience marocaine en la matière est éloquente, comme exemple.

Le deuxième risque se situe au niveau de l’arsenal répressif mis en place pour maintenir en vie le cadavre de la nation algérienne. Si par le passé des mouvements comme le MAK, le MAC, le MAM et le GPK sont aux yeux de la constitution algérienne des mouvements non-légaux, ils deviennent carrément des organisations à abattre. Il ne faudra pas s’étonner d’une future vague d’arrestation dans les rangs des souverainistes.

Pour éviter une levée de boucliers de la Qawmiya Al Arabiya, qui sans doute ne va pas tarder à se faire entendre, le pouvoir algérien a particulièrement mis l’accent sur la consécration de l’essence arabe et islamique de l’Etat algérien. Par une hiérarchisation de type : arabe langue officiel de l’Etat et tamazight langue officielle en devenir, le pouvoir a constitutionnalisé l’infériorité de tamazight.

Enfin cette accentuera les antagonismes politique en Kabylie. Le pouvoir cherche à  éliminer tous les courants souverainiste en les opposant aux tendances plus timides. Une confrontation programmée qui requiert toute l’habileté des Kabyles pour ne pas tomber dans le piège du pouvoir.

Zahir Boukhelifa