L’Algérie est menacée par une banqueroute

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la fin du petrole en Algérie Tamurt info
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ALGER (Tamurt) – Après la limitation drastique des produits de consommation en provenance de l’étranger sous prétexte d’encourager la production nationale, voilà que le gouvernement algérien décide de rationaliser la distribution du seul produit que nous dit-on le pays possède en abondance : le carburant.

A propos de celui-ci, selon le ministre de l’énergie, Salah Khebri, il est question d’assurer sa gestion d’une façon rationnelle et non de le rationaliser. Selon les titres de la presse nationale algérienne qui ont rapporté les propos du ministre, celui-ci a justifié cette nouvelle politique de gestion rationnelle des carburants pour mieux lutter contre le gaspillage et les effets de la contrebande. Lorsqu’on sait que dans tous les pays du monde, la lutte contre la contrebande est menée au quotidien, il est alors légitime de se poser la question pourquoi est-ce que le gouvernement algérien a choisi ce moment précis pour faire la guerre aux contrebandiers.

Connaissant la réalité de l’expression politique algérienne, les propos du ministre de l’énergie sont à mettre en réalité dans le paquet du jargon de l’euphémisme. En termes plus clairs, il n’est question en réalité que de rationnaliser la consommation du carburant. D’ailleurs, même cette politique de « consommons algérien » qui, du reste, n’est en réalité que dans sa pure forme de slogan est annonceuse d’une crise économique et financière. Faisons un petit rappel de certains événements par ordre chronologique pour ensuite tenter de faire un recoupement.

Au débit du second semestre de l’année 2014, il y a eu l’annonce brutale de la chute du prix du baril de pétrole. Avant la fin de cette même année, il y a eu publication à un rythme effrénée des rapports sur la corruption à grande échelle. SONATRACH 1 et SONATRACH 2, autoroute Est-Ouest et affaire Khalifa. L’affaire Khalifa, la moins pesante de toute, puisque le préjudice porté à l’Algérie, surtout les petits citoyens, n’a dépassé guère les 3 milliards de dollars, a été examinée par la justice.

Toujours au registre de la chronologie événementielle, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, a annoncé au milieu du printemps que les réserves de change nationales ne pourront pas dépasser le cap de 2019 d’où le changement de politique économique et sociale. Cette annonce du Premier ministre fut aussitôt suivi, ou du moins officiellement, par le gel d’un bon nombre de grands projets de développement.

Quelques temps plus tard encore, Ahmed Ouyahia, l’homme de gestion des crises, et jadis, plongé dans une de ces « grottes souterraines » des services de la présidence de la république, refait soudainement surface. Son nom et ses photos apparaissent dans tous les titres de la presse nationale. La raison la fin de son statut de « troglodyte » est aussi annoncée par les canards algériens : succéder à Bensalah à la tête du Rassemblement National Démocratique (RND) pour donner un nouveau souffle au parti tel que le désirent les militants y compris ceux qui avaient milité dans le passé à son éjection du fauteuil de secrétaire général. Et un peu plus tard, le Président de la république, Abdelaziz Boutefilika, même incapable de piper un mot ou même réfléchir à exécuter ces gestes quotidiens que le commun des mortels exécute, décide de renvoyer un bon nombre de ministres du cabinet Sellal pour les remplacer par de nouvelles têtes. Motif invoqué, ou du moins connu par la plèbe, est soit l’incompétence, soit la malhonnêteté.

Pour bon nombre d’observateurs, l’objectif des décideurs est de pousser Abdelmalek Sellal à la porte pour le faire remplacer par Ahmed Ouyahia. Celui-ci, traîne, rappelons-le, la réputation de grand spécialiste de la gestion des crises. La grande question est de savoir la nature exacte de la crise qu’Ahmed Ouyahia aura à gérer et comment ?

En effet, la sphère décisionnelle d’Alger a une longue habitude des cachoteries. Autrement dit, le mal reconnu officiellement est beaucoup plus profond et beaucoup plus important en réalité. Il est à se demander cependant cette fois-ci si Ahmed Ouyahia, dans la mesure bien entendu où Paris accepte sa nomination à la tête du gouvernement, réussira à convaincre que les matelas d’argent amassées lors des années de grâce (487 milliards de dollars est le montant reconnu) ont été dépensés pour le bien être du citoyen algérien ? Et il n’est pas moins vrai aussi que le montant exact des recettes pétrolières depuis l’arrivée d’Abdelaziz Bouteflika au pouvoir, année aussi d’ailleurs où Washington a décidé d’augmenter le prix du baril de pétrole pour tenter de freiner un tant soit peu l’essor économique chinois, n’est connu que de la haute sphère décisionnelle. A parier que SONATRACH a engrangé beaucoup plus d’argent que le montant annoncé puisqu’il n’est un secret pour personne que cette entreprise produit et commercialise plus de la quantité pétrolière reconnue officiellement, c’est-à-dire plus de 1. 600.000 barils/jour.

L’autre grande inconnue reste enfin la gestion du dossier « DAECH ». Tout d’abord, il est à se demander si ce « DAECH » n’est pas tout simplement la mise à exécution du Grand Plan de Démocratisation du grand-Moyen Orient (GMO) lequel a été annoncé par Georges Walker Bush quelques temps avant de céder son fauteuil à Barack Obama ?

Ce que l’on sait, c’est que quand le président des Etats-Unis d’Amérique fait une annonce officielle sur la scène internationale sur quelque chose, c’est que cette chose se produit. D’une façon ou d’une autre. On sait aussi que quand le directeur de la CIA présente le dossier final au Président de la république, c’est que le contenu de ce dit rapport est juste et les recommandations y mentionnées peuvent réellement être exécutoires. Il va sans dire que ce n’est pas à un lieutenant de la CIA ou du FBI que revient l’honneur de remettre un rapport aux mains du président de la république.

Tous ces éléments qui se chevauchent suggèrent que les Algériens ne sont pas prêts de sortir de l’auberge. Le risque du pire est même réel. La preuve : certains banquiers suggèrent même à certains de leurs clients de vider leurs comptes bancaires, car la banque algérienne ne constitue plus la sécurité. Il n’y a pas qu’en Grèce, pays du dieu Apollon, où l’on se rue sur les guichets de banque pour vider son compte.

De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine

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