La langue arabe envahit la ville de Tizi Ouzou

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Ville de Tizi Ouzou

TIZI OUZOU (Tamurt) – Curieusement, c’est au moment où on parle de plus en plus de « reconnaissance officielle de la langue amazighe » que la langue arabe semble avoir davantage pignon sur rue, a-t-on constaté notamment dans la ville de Tizi-Ouzou.

En effet, si dans un passé récent l’usage de la langue arabe était très limité dans la ville de Tizi-Ouzou et à la Nouvelle Ville, ces derniers temps, l’usage de cette langue semble faire tache d’huile. En effet, avant, il n’y avait qu’une partie infime des citoyens de la ville de Tizi-Ouzou (ceux de la Haute-Ville plus particulièrement) qui parlaient en langue arabe (un arabe cassé d’ailleurs mais un arabe quand même). Mais depuis quelques temps, en se rendant notamment dans les administrations locales, au CHU, dans les centres de santé, dans les cliniques privées, etc.…, on constate de plus en plus que les personnes qui y travaillent s’expriment, particulièrement entre eux,  en arabe. Ce qui met souvent dans la gêne les citoyens qui s’y rendent pour accomplir leurs affaires. Même quand vous vous adressez aux concernés naturellement en kabyle, étant à Tizi-Ouzou, on vous répond sans hésitation en langue arabe. Il s’agit de l’arabe tizi ouzéen appelé communément « zdimoh ».

Y a-t-il eu des instructions qui ont été données dans ce sens afin de propager au maximum l’utilisation de la langue arabe à Tizi-Ouzou au détriment de taqvaylit et du français ? Recrute-t-on plus des personnes ayant le profil de l’utilisation de la langue arabe plus que le kabyle ? Il est fort à parier que c’est le cas. Il suffit de se rendre, par exemple, au siège de l’APC de Tizi-Ouzou ou au siège de la direction de l’éducation ou encore dans n’importe quel autre lieu de travail pour faire ce constat amer. On pousse ainsi les kabylophones à devenir une minorité dans les lieux de travail dans l’objectif de donner la fausse impression que la langue arabe est largement adoptée par les kabyles. Ce qui est totalement faux. Une preuve parmi tant d’autres : les mariages mixtes kabylophones-arabophones demeurent quasiment inexistants malgré une proximité de plus en plus évidente.

Tahar Khellaf

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