Langue « nationale et officielle » depuis 2016 : Seulement 4 % des élèves concernés par Tamazight au BEM

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BEM en algérie
BEM en algérie

TAMAZGHA (Tamurt) – Les chiffres et la réalité du terrain ne cessent de contredire les propos et les déclarations, souvent pompeuses mais trompeuses, des responsables au pouvoir en Algérie. Encore une fois, on vient de constater que la langue Tamazight est loin d’être sérieusement prise en charge même dans l’enseignement. En effet, en plus du fait que la langue Tamazight est exclue injustement et sciemment de l’examen de sixième, comme nous avons eu à le déplorer il y a quelques jours, on vient d’apprendre que seulement 4 % des élèves algériens, ayant passé l’examen du BEM (Brevet d’enseignement moyen), ont subi l’épreuve de langue Tamazight. Il s’agit là de chiffres officiels rendus publics par les responsables algériens de l’éducation nationale.

Suite à ce constat négatif, la coordination nationale des enseignants de tamazight a dénoncé ce qu’elle qualifie de fossé qui sépare la réalité de l’enseignement de tamazight et le discours officiel. La quasi-majorité des candidats ayant passé l’épreuve du BEM cette année sont issus des wilayas de Kabylie : principalement Bgayet et Tizi Ouzou et, à un degré moindre, Bouira. En dehors de la Kabylie, seulement 1 000 élèves ont subi l’épreuve de tamazight. Ce constat est principalement engendré par le fait que l’enseignement de tamazight n’est concentré qu’en Kabylie. En plus, il est toujours facultatif. Ce qui fait qu’en dehors de la Kabylie, les élèves et surtout leurs parents n’en veulent tout simplement pas.

Il y a lieu de rappeler aussi que malgré les slogans creux et les textes officiels dont la constitution, il y a une absence flagrante de volonté politique pour redonner à la langue  tamazight la place qui est réellement la sienne. Pour conclure, il faut rappeler que même en Kabylie, l’enseignement de la langue tamazight est facultatif. D’ailleurs, beaucoup de parents, issus des wilayas arabophones algériennes,  ayant des enfants scolarisés en Kabylie, établissent des dispenses à ces derniers pour ne pas suivre les cours de tamazight. Un constat réel que beaucoup de personnes, pourtant bien placées, ne veulent pas voir en face ni reconnaître. On continue alors à cacher le soleil avec un tamis. Mais jusqu’à quand ?

Tahar Khellaf