Langue Tamazight : Le professeur Haddadou plaide pour la généralisation au Kabyle

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TAMAZGHA (Tamurt) – C’est une véritable gifle que vient d’infliger le Professeur Mohand-Akli Haddadou (auteur d’une infinité de livres sur tamazight) aux « militants » de la cause amazighe de la dernière heure, comme Abderrezak Dourari et Mohand Arezki Ferrad.

Contrairement à ces deux derniers, qui ont découvert la langue amazighe tout récemment, à la faveur des privilèges qu’elle peut désormais procurer aux opportunistes, Mohand Akli Haddadou est un vieux routier dans le domaine de la recherche amazighe.

Mais comme il n’est pas docile ni un lèche-bottes, le pouvoir algérien l’a toujours marginalisé. Pourtant, Mohand Akli Haddadou est une compétence avérée dans le domaine de la recherche amazighe, en plus d’avoir enseigné depuis des décennies dans le département de la langue et culture amazighe de l’université de Tizi-Ouzou.

Il en est d’ailleurs l’un des pionniers. Lors de sa récente intervention, dans le sillage de la célébration du jour de l’An amazigh, Yennayer, Mohand-Akli Haddadou n’a pas hésité à répliquer diplomatiquement mais fermement aux défenseurs des caractères arabes pour la transcription amazighe et à ceux qui font mine de défendre aussi les autres variantes berbères pour éclipser la langue kabyle.

Bien évidemment, Haddadou a insisté sur le fait qu’il fallait procéder à la promotion de l’ensemble des variantes berbères dont le chaoui, le mozabite, le kabyle et le targui. L’orateur a également mis l’accent sur ce qui a été déjà produit dans les autres variantes berbères, en dépit de sa faiblesse criarde. Mais, quand il a été question des caractères de transcription, Haddadou s’est montré intransigeant. Pour choisir les caractères, il faut s’inspirer des expériences ayant déjà existé dans d’autres langues, a affirmé Haddadou.

Ce dernier a expliqué qu’actuellement et depuis plus d’un siècle des centaines d’ouvrages et de thèses ont été publiées dans la variante kabyle et en caractère latin. Le kabyle a donc pris une grande avance, a rappelé Haddadou, qui a de ce fait plaidé pour les caractères latins concernant la transcription de tamazight. De même que Haddadou a mis en avant des arguments scientifiques irrévocables pour dire que la variante kabyle devraient être, à son avis, prise comme locomotive dans le cas où il sera procédé à un travail de standardisation de tous les parlers berbères d’Algérie.

Le fait qu’un long chemin ait déjà été parcouru par le kabyle dans le domaine scientifique, académique et littéraire plaide pour ce choix. Mais cette option est difficile à faire admettre par les non-kabyles d’Algérie pour des raisons que tout le monde sait.

Tarik Haddouche