L’armée veut squatter un lotissement à Aokas 

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AOKAS ( Tamurt) – Les militaires tentent de s’emparer par la force d’un lotissement d’une superficie de près de 280.000 m², situé à quelques mètres de la plage d’Aokas, pour y construire des villas personnelles.

Face au laxisme des services de sécurité saisis par la mairie pour faire arrêter les travaux, entamés depuis quelques semaines, la population, par le biais du mouvement associatif et des partis politiques qui se sont réunis, pour la circonstance, au centre culturel de la localité, tire la sonnette d’alarme.

 

Les habitants d’Aokas reprochent aux autorités de laisser faire pour permettre aux passe-droits de la 5e région militaire de bénéficier, au prix symbolique, de lots de terrain que certains ont déjà revendu, à prix fort et sans document officiel, à des particuliers notamment quelques « lèche-bottes » de la commune, proches du pouvoir mafieux d’Alger.

La bataille pour la récupération de ce terrain a commencé vers 1998 quand les élus locaux et les citoyens avaient organisé une marche contre la cession de ce lotissement. L’affaire remonte à 1993 quand une commission de wilaya avait attribué un lot de plus de 27.000 m² à la 5e région militaire de Constantine sans l’aval des services de la commune.

Devant ce quiproquo, l’agence de wilaya de gestion du foncier  n’a pas pu officialiser l’opération de cession du fait que le transfert de propriété n’a pas eu lieu de la mairie à l’agence.

Faisant bouger leurs relations et abusant de leur pouvoir, les militaires se font établir un premier acte de propriété en 1997 sur la base d’un faux arrêté communal d’attribution. L’arrêté mentionné porte le n° 25/93 du 28 Mai 1993 et concerne l’avancement d’échelon d’un ingénieur des services techniques de la mairie. Le second acte est établi par un autre notaire en septembre 2001 lequel élargit la superficie à près de 280.000 m².

Une demande d’annulation de ces actes a été déposée au tribunal par les services de la mairie et la population suit de très près ce dossier.

 

Amaynut