L’association Amusnaw de Tizi-Ouzou (Tizi-Ouzou) – Cours pédagogiques de deux jours sur la communication au profit du monde associatif

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Au cours de ces deux jours, les bénéficiaires de ce stage auront à maîtriser les concepts essentiels de la communication qui, doit-on rappeler, est l’élément basique à toute entreprise ou projet de réussite. Ainsi, les élèves de M. Mohamed Siagh, une fois leur formation terminée, auront compris la différence existante entre la communication formelle, c’est-à-dire officielle et la communication informelle. Idem concernant les différentes formes de communication, à savoir l’oral, l’écrit, l’audiovisuel, etc.

Dans son introduction à propos de la communication, le professeur Mohamed Siagh assure que « si le 19ème siècle a été marqué par la découverte de nouvelle formes d’utilisation de l’énergie, ce qui a entraîné le développement des techniques et des sciences dites exactes, la fin de ce siècle semble évoluer de manière certaine vers la recherche de nouveaux modes de communication.

Le travail sur les signes, les relations, les systèmes d’échanges constituent l’une des préoccupations majeures des orientations actuelles dans les sciences humaines. Toute communication est en effet échange de signes, de symboles et met en jeu des rapports d’influence, des mouvements affectifs. Dans les groupes sans structure institutionnelle, les circuits de communication s’établissent le plus souvent d’une manière spontanée. Dans les immeubles les « nouvelles » suivent un trajet déterminé par les liens d’amitié et de sympathie. Dans un groupe d’amis, il y a en général, un personnage central non pas toujours à cause de ses qualités, mais parfois pour une raison simplement géographique, sa résidence étant la plus facilement accessible à tous. Les raisons affectives jouent également un rôle important : les personnes inspirant de la confiance deviennent un centre de communication. Dans les groupes de structure institutionnelle, les réseaux (intégrés dans les organisations) sont étudiés et adaptés aux buts collectifs mais, en général, cela ne permet pas d’éviter les éléments peu rationnels ou même ceux chargés d’obstacles et de perturbations.

Il est, par exemple, assez fréquent qu’un circuit, étudié et mis en place scientifiquement, perde ses avantages à cause de la personnalité du chef hiérarchique ou à cause des liens affectifs qui se nouent entre les membres du groupe. De plus, ces réseaux ne sont jamais choisis uniquement en fonction de leurs propriétés géométriques : ils reflètent presque toujours la conception des intéressés sur l’autorité, le commandement, l’organisation du travail etc.

C’est donc un choix qui dépasse largement le cadre des critères proprement techniques. Une simple comparaison permettra d’illustrer ce fait banal. Les relations humaines hiérarchisées (dans l’armée, dans l’administration, dans les établissements de toutes sortes) se trouvent représentées par des circuits de communication où la transmission suit toujours le même chemin (du chef vers les subordonnés) et où la répartition des droits et devoirs est également à sens unique. Or, il arrive que, dans certains établissements avancés, pour combattre la passivité des employés et pour stimuler les initiatives créatrices, on transforme les circuits descendants en réseaux circulaires. Cette innovation met fin à la dépendance à sens unique puisque la communication ne se réduit pas à deux (A—B, B—C), mais s’élargit par un retour (C—A, D—-B), ce qui a une grande importance parce qu’il permet à C de donner son avis sur les décisions de B (qui est pourtant son supérieur) de faire appel à A contre les consignes et les instructions de B, etc.

C’est également cette voie de retour qui permet à A de mieux comparer les qualités respectives de B et C. Une telle adaptation des rapports hiérarchiques aux critères de la communication efficace est susceptible d’assurer l’abondance des informations ascendantes (de C vers B et A ), de supprimer les canaux de rumeurs (réseau « informel » de communication). Si ce modèle se heurte encore, malgré ses avantages, à une résistance assez générale, c’est qu’il fait plus qu’améliorer techniquement la communication : il met en même temps en question les relations hiérarchiques traditionnelles basées sur une certaine conception de pouvoir, sur une idéologie, sur des valeurs sociales, etc. Avoir un subordonné (C) qui peut faire appel à un autre chef supérieur (A) est un type de rapport stimulant qui pousse à l’auto-information, développe le sens analytique, mais qui ne convient pas à n’importe qui. Un chef traditionnel (B), au lieu de se sentir « stimulé », se sentirait « scandalisé » et parlerait de « l’impossibilité » de travailler dans ces conditions. Cela signifie que le mode de rapport émetteur-récepteur, le sens (descendant, ascendant, circulaire …) de la transmission d’informations ne sont pas de simples techniques de communication, mais qu’ils sont perçus par les intéressés comme des corollaires du pouvoir, de l’organisation et du commandement ».