L’avenir de tamazight n’est pas en Algérie

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Tamazight
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CONTRIBUTION (Tamurt) – Tout le monde se rappelle des propos indignes, racistes et nauséabonds d’une « députée » algérienne se réclamant clairement arabe et musulmane quant à la généralisation de l’enseignement de la langue autochtone de l’Afrique du Nord, propos auxquels aucune réaction de l’État, ni de l’opposition, n’a été enregistrée.

Et bien cette déclaration de guerre à tamazight, à la Kabylie particulièrement, semble avoir de l’effet au sein de la population algérienne, population bien passive devant toutes les injustices que le pouvoir lui inflige depuis 1962 mais très agissante quand il s’agit de refuser une langue pour laquelle 50 ans de lutte, des dizaines d’assassinats et des milliers de manifestations ont été consenties par toute une région et sa population pour réhabiliter l’histoire d’un pays confisqué et d’un sous-continent dénaturé.

Au moment ou trois universités européennes ouvrent un master international des études berbères, les écoles algériennes rejettent d’une façon on ne peut plus claire l’apprentissage de la langue de  » leurs » ancêtres et lui préfèrent une langue morte, venue du moyen orient juste parce qu’adossée à une religion qui fait le malheur de l’humanité là où elle passe. Le pouvoir algérien avait raison, il est fidèle à son émananation, à ceux qui ont exécuté les berberistes de 1949 et les algériens sont bien fidèles à Mohamed et Okba qui ont juré de conquérir par l’épée la terre de l’Occident, « Maghreb » en arabe. Et il ne reste que cet enfant téméraire d’Alger, loin de la Kabylie natale de ses parents pour suivre un cours dans sa langue maternelle, langue de ses ancêtres, celle de Mammeri et Lounes Matoub, de Hocine Ait Ahmed et Bessaoud Mohand-Aârav, de Laimeche Ali et Boulifa, de Feraoun et Talus Amrouche, de Fadhma N soumeur et El Mokrani, de Jugurtha et Massinissa.

Le rejet algérien n’est pas seulement linguistique, il est socioculturel et historique. C’est un rejet politique. Décidément, l’avenir de tamazight (de ses variantes) est chez elle, parmi ses enfants et là où ils sont ( taqvaylit pour les Kabyles, tacawit pour les Chaouis, tamzavit pour les Mozabites) et avec des institutions souveraines, mais certainement pas en Algérie où nulle part n’est désirée. Tamazight tehwaj lehna disait Matoub, tamazight tehwaj ddula, fallait dire.

A. Mekdam