Lhacene Ziani, Dda Muh et Layzid Abid à Montréal : « la Kabylie avance et se consacre à l’essentiel »

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MONTREAL (Tamurt) – Le vice préside du Gouvernement Provisoire Kabyle, sillonne le monde à la rencontre de la communauté Kabyle mais aussi à des personnalités politiques et mouvement qui peuvent aider la Kabylie. Il était ce soir à Montréal au Canada, avec Lhacene Ziani et Mohand Ouamer Hachemi, devant une foule nombreuse, pour célébrer la journée de la Nation Kabyle. «La journée de la Nation Kabyle, proclamée il y a 3 ans par le GPK, en souvenir de l’historique marche du peuple kabyle sur Alger, le 14 juin 2001, que j’ai l’honneur de célébrer cette année avec vous, ici à Montréal, dans cette mémorable salle Saint-Jean-Baptiste, fait peur au pouvoir algérien.

La conférence a débuté par une émouvante remise de la carte d’identité kabyle à la militante souverainiste québécoise, Françoise Laliberté, par Lhacene Ziani. Il a enchaîné en présentant les conférenciers ainsi que leur sujets de conférence. Lhacene lors de prise de parole a insisté sur l’édification du parlement kabyle qui permettra le dialogue entre les Kabyles, et ce peu importe leurs allégeances politiques.

Mohand Ouamer, dit dda Muh, ex-président du conseil national du MAK, a pris la parole et a présenté l’état des lieux en Kabylie en précisant l’urgence de se doter d’un État pour pouvoir survivre comme peuple et nation. D’après lui, le moral des militants est au beau fixe et leur détermination plus solide que jamais. Dda Muh est inspirant et un homme d’action et de terrain. C’est encourageant de voir cette fougue et ce courage de militants qui sont sur le terrain en Kabylie. Ceux qui bravent le régime militaro-islamiste sur le terrain méritent notre plus grand respect.

…vous me direz, notre drapeau, notre culture, notre histoire, nos aspirations à la liberté, le MAK, l’G.P.K. le terrifient aussi », déclara Lyazid d’emblée, lors de sa prise de parole. Connu pour ses discours limpides et son pragmatisme dans la politique, Lyazid n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour aller vers l’essentiel. « Le travail sur le terrain est notre seul salut. Nous nous sentirons plus légers si chacun de nous apportait sa pierre à l’édifice. Le travail collectif exige beaucoup de sacrifice, de patience et de souplesse mais, à terme, il est gratifiant. Nous ne devons pas faire l’économie de cet effort. L’heure est au travail sérieux et intelligent. La Kabylie sera bientôt libre, j’en suis certain», déclara le vice président du GPK.

Revenant sur l’acharnement des autorités coloniales contre les leaders du MAK, Lhasen Ziani, dda Muh et Lyazid Abid ont expliqué, à tour de rôle, cette réaction par la peur du régime face à la montée en flèche du MAK. Un mouvement qui s’est imposé comme seule et unique force politique en Kabylie. « Comment expliquer la récente répression contre les militants du MAK, qui célébraient dans la joie le jour de leur nation. À Larbaa Nat Iraten, il a sauvagement agressé nos militants. À Melbou, il a arrêté, jugé et privé de liberté le président du conseil national, Mouloud Mebarki et deux militants Karim Megatli et Amine Amrouche. Il menace aussi d’arrêter le président du MAK, mass Bouaziz Ait Chebib. Faut-il rappeler que c’est ce même pouvoir qui avait qualifié notre existence de ´´tintamare´´ qui panique aujourd’hui et qui surveille la Kabylie comme on surveille le lait sur le feu », se demande le conférencier.

Il explique que « cette violence à notre égard illustre la frustration du pouvoir algérien face à une Kabylie debout et déterminée. Notre attachement à la liberté lui fait ressentir le poids des chaînes de l’histoire dans lesquelles il est mortellement piégé. D’une part, le pouvoir algérien est dans sa logique, il réprime à chaque fois que la Kabylie lui échappe. D’autre part, cette répression lève le voile sur ses réelles intentions qu’il dissimule derrière l’officialisation de Tamazight : il ne cherche pas à promouvoir l’identité amazighe mais bien au contraire, il veut s’acquérir la légitimité nationale et internationale à réprimer le peuple kabyle ». Il fera rappeler que le MAK et le GPK sont là pour protéger la Kabylie. Il dira à ce propos que « Le GPK et le MAK, sous la houlette de Ferhat Mehenni, œuvrent pour la concrétisation de nos idéaux d’indépendance et de liberté. Notre effort s’inscrit, d’ores et déjà, dans le changement que nous voulons voir dans le monde ». Lyazid Abid rassure aussi la communauté Kabyle au Canada qu’ils ne sont pas seuls. « Nous ne sommes pas seuls. De plus en plus de pays nous regardent et cherchent à nous accompagner », note Lyazid Abid.

Lounès B

Lyazid Abid a Montreal
Lyazid Abid a Montreal