Le 05 juillet 1962 les femmes Kabyles pleuraient les martyrs de la liberté

2

TIZI-WEZU (Tamut) – Contrairement à ce que l’Algérie officielle laisse ce n’est pas toutes  les régions d’Algérie qui avaient explosé de joie au matin de 05 juillet 1962 pour savourer les premiers instants de l’indépendance. La Kabylie exsangue n’avait pas le cœur à la fête. Les familles étaient endeuillées par la mort d’un ou plusieurs de ses membres.

«  Le 05 juillet pour nous un jour de tristesse. C’était la fin de la guerre certes, mais on s’est rendu compte que nos maris, nos enfants et beaucoup de nos proches ne sont plus là. Durant la guerre on n’avait pas de place pour la tristesse, mais après notre indépendance n’a pas été savouré. Des familles et des villages entiers ont été exterminés. Tout le monde a pleuré, les veuves et les orphelins se sont retrouvés tous seuls et ne connaissent même pas dans quelles circonstances leurs proches ou parents ont été tués », nous a déclaré une veille de village At Koufi de la région de Voghni.

« Si au niveau des autres régions d’Algérie la population a passé sept jours et sept nuits à danser c’est parce qu’ils n’ont pas fait la guerre et rares ceux qui ont perdu leurs proches. La joie de la bonne partie de la population arabophone algérienne qui n’a pas goûté à l’amertume de la guerre s’est intensifiée après  avoir accaparé des biens immobiliers des colons Européens, notamment à Oran et à Alger. Ce sont ces squatteurs  qui sont devenus aujourd’hui des nababs dans ce pays », nous fera remarquer une vielle dame les larmes aux yeux. Elle  ajoutera une phrase lourde de sens qui résumera à elle seule la déception et la trahison dont sont victimes les Kabyles :« Un jour peut être la Kabylie sera libre » !

En attendant cette liberté, les Femmes kabyles sont soumises au statut de la famille que les hommes imposent au femmes arabes au moyen orient.

Lounès B