Le calvaire des non-musulmans en Algérie : Témoignage d’un citoyen kabyle de confession chrétienne

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SOCIÉTÉ (Tamurt) – Etant citoyen kabyle de confession chrétienne, j’ai connu toutes les formes d’intimidation et de répression. Après avoir subi le harcèlement judiciaire, je suis en train de subir la terreur de la mosquée.

Mon père m’a déshérité à cause de mon choix religieux. Mon oncle qui a eu la générosité de m’offrir une parcelle de terrain pour construire une maison, a été traîné en justice sans aucune raison valable. Son crime a été d’avoir tendu la main à « son neveu » qui n’est pas musulman.

La mosquée de mon village (Zarqun dans la commune de Boussellam, daira de Bouandas) a pris le relais de la justice algérienne en délivrant des fetoua contre ma personne. Elle interdit à toute personne de m’adresser la parole sous peine de payer une amende de 10.000 da à la mosquée.

La deuxième fetoua qui m’a bouleversé outre mesure est celle par laquelle les responsables de la mosquée et de l’association religieuse du village m’ont coupé l’eau en provenance d’un puits familial dont j’ai ma part légale.

Des membres de ma famille dont mon père et des oncles sont complice dans cette entreprise criminelle qui s’acharne contre un citoyen dont le seul  » tort » est d’avoir choisi une religion hors que la religion officielle de l’Algérie.

Je dénonce avec force ce groupe d’individu composé de certains de mes proches, des responsables de la mosquée et de l’association religieuse de mon village qui agissent conformément à un groupe terroriste. D’ailleurs, d’après mes informations, ils veulent engager et payer une personne pour me liquider physiquement.

Mes plaintes auprès de la gendarmerie n’ont jamais été prise en considération. Ce corps de l’Etat algérien m’a toujours opposé une fin de non recevoir.

Ni la répression, ni le harcèlement judiciaire ne pourront altérer ma détermination à vivre dignement et publiquement ma religion chrétienne et à continue mon combat pour l’identité réelle de ce pays et la liberté de conscience.

S. B.