Le citoyen kabyle Omar Slimana relâché hier par ses ravisseurs

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KABYLIE (Tamurt) – Cette libération a été rendue possible grâce à la grande mobilisation du peuple kabyle dont le porte-voix légitime et naturel n’est autre que son gouvernement provisoire.

Que dire de cette libération que d’aucuns saluent, si ce n’est qu’Alger a eu l’intelligence nécessaire de reconsidérer la portée gravissime de son acte criminel qui ne pouvait que lui limiter les pertes politiques? Cette décision de relâcher l’innocent citoyen prouve d’une façon on ne peut plus claire que la peur est le lot de tout le monde. Autrement dit, même doté du puissant Département du renseignement et de la Sécurité (DRS), le régime ne se considère plus « invincible ». Et peut-être même que cela fait longtemps qu’il ne se considère plus maître suprême de ses décisions et de ses actes. Des esprits clairvoyants diraient même que ses opérations de kidnappings peuvent être perçues comme des signes de panique.

Cependant, le peuple kabyle n’est pas prêt à pardonner, surtout pas à relâcher sa vigilance vis-à-vis de ceux qui l’ont agressé dans sa chair et dans sa dignité. La preuve, c’est qu’il s’est donné rendez-vous demain à Fréha pour une marche de protestation. En effet, s’il est vrai que Omar Slimana a été relâché, son cousin Hidouche, par conséquent, a été assassiné froidement par les criminels à la solde des services algériens. Par ailleurs, plus d’une soixantaine de kidnappings ont été exécutés contre les enfants de Kabylie depuis la mise en application de cette méthode criminelle, il y a de cela cinq ans. Hormis ces actes hors la loi et relevant carrément du droit commun, Alger a commis une multitude de crimes contre le peuple kabyle.

Il nous semble inutile de nous attarder sur ces crimes commis sous leurs différentes formes contre la nation kabyle par les serviteurs de la France coloniale et néo-coloniale, tant ils sont dûment enregistrés et connus de tous. La question pertinente d’aujourd’hui est de savoir comment convaincre les quelques rares Kabyles sceptiques à l’autonomie de la Kabylie que leur avenir et leur dignité ne peuvent aucunement être le souci du pouvoir algérien dès lors que celui-ci même subit les lois et les orientations des ennemis que le FLN a combattus aussi bien militairement que politiquement pendant sept ans et demi. À la veille du déclenchement de la guerre d’indépendance, seule une poignée d’hommes et de femmes pensait que livrer une guerre à la 4e puissance économique et militaire ne relevait pas de l’utopie. La suite, comme chacun le sait, lui donna raison.

Que dire alors aujourd’hui que 99 % des Kabyles pensent à l’autonomie? Nos lecteurs doivent avoir à l’esprit que la seule arme de l’administration n’est autre que l’argent. Il est vrai que le DRS et ses deux petits employés, en l’occurrence Abdelaziz Bouteflika et Ahmed Ouyahia, peuvent rendre milliardaires en un laps de temps de trois jours quelques individus. Cela est déjà arrivé. Il se trouve seulement qu’il n’y a pas assez d’argent pour corrompre tout le monde, surtout de faire de chaque Kabyle un milliardaire. Par ailleurs, la règle est connue : un corrompu gagne en réalité au moins cent fois plus le bien qu’il a reçu pour vendre son âme au diable. Dans ce cas, autant se contenter de ce qu’on gagne légalement et légitimement. Mieux encore, une fois l’autonomie acquise, chaque Kabyle gagnera un salaire devant lui permettre de vivre dans une grande aisance matérielle et gagnera en prime, la dignité.

C’est pourquoi les prochains rendez-vous électoraux programmés par l’administration centrale d’Alger doivent laisser de marbre chaque Kabyle. Celles et ceux qui déposeraient leurs candidatures pour les strapontins de l’APN (assemblée nationale populaire) n’auraient qu’un seul objectif : satisfaire leurs propres besoins matériels. L’intérêt général ne serait que des mots logomachiques des discours de campagne électorale. Boycotter les institutions de l’administration centrale d’Alger sera un pas de géant dans la revendication de l’autonomie de la Kabylie.