Le clan de Bouteflika est toujours au pouvoir

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Clan Bouteflika
Clan Bouteflika

ALGERIE (TAMURT) – Contrairement à tout ce que laissent croire la majorité des médias et des personnalités qui s’expriment après l’annonce de la démission officielle de Abdelaziz Bouteflika de son poste de président de la République, il n’y a pas lieu de crier encore victoire car avant de partir, Bouteflika (ou ceux qui agissent en son nom) ont bien préparé le terrain pour le maintien.

En effet, malgré le départ de Abdelaziz Bouteflika, son clan dirige toujours le pays. Comment ? D’abord, à travers le gouvernement qu’il a bien pris le soin de désigner quarante-huit heures avant de remettre le tablier. Tous les ministres qui siègent dans le gouvernement actuel ont été choisis et désignés par le clan présidentiel à commencer par le Premier ministre Nourredine Bedoui. Pis encore, six sur la totalité de ces ministres siégeaient déjà dans l’ancien gouvernement, celui tant décrié de Ahmed Ouyahia, à l’instar de Houda Feraoun, Fatma Zohra Zerouati et Dalila Edalia. En plus du gouvernement, il ne faut pas omettre que constitutionnellement, celui qui remplacera Abdelaziz Bouteflika à la tête du pays n’est autre que Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la Nation, un très proche du clan présidentiel, dont les origines sont également marocaines d’ailleurs.

Il en est de même du poste très sensible de président du Conseil constitutionnel, en l’occurrence Tayeb Belaiz. Si l’armée n’intervient pas pour dissoudre aussi bien les deux chambres du parlement (parlement et sénat) et pour un changement total du gouvernement actuel, la démission de Abdelaziz Bouteflika est vraiment un non sens. Il s’agit de la poudre aux yeux. Surtout, si le mouvement et la mobilisation populaires, en cours depuis le 22 février dernier venaient à être affectés négativement par l’euphorie engendrée par la démission de Abdelaziz Bouteflika. L’armée algérienne qui devrait superviser cette période de transition ira-elle jusqu’à « enfreindre » le texte constitutionnel en invitant tous les relais du clan présidentiel, ministres, Bensalah, Belaiz, à quitter leurs postes ?

Pour l’instant, la situation est loin d’être claire. Pour résumer l’état des lieux, il suffit de savoir qu’à la tête de toutes les institutions civiles les plus importantes du pays, il y a toujours des hommes placées par Bouteflika et qui sont réputés pour être très proches et fidèles à ce dernier : Nourredine Bedoui à la tête du gouvernement, Abdelkader Bensalah à la tête du sénat et Tayeb Belaiz à la tête du Conseil constitutionnel. Sans oublier bien sûr le numéro un du FLN et également président de l’Assemblée populaire nationale Moad Bouchareb. Abdelaziz Bouteflika est donc parti sans vraiment partir.

Tarik Haddouche

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