Le droit de vote des étrangers en France : « Une victoire pour la démocratie », selon la sénatrice Esther Benbassa

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MONDE (Tamurt) – Le vote des étrangers non ressortissants de l’Union européenne les élections locales et leur éligibilité au sein des conseils municipaux, serait une victoire pour la démocratie, a affirmé la sénatrice Esther Benbassa Europe-Ecologie Les Verts (EELV). « Aujourd’hui, il n’y a pas de raisons pour que ceux qui habitent avec nous, qui travaillent avec nous, qui envoient leurs enfants dans les écoles françaises, ne participent pas à la vie de la commune », a-t-elle affirmé au journal français La Marseillaise.

Elle a déclaré que : « ce droit est un droit simple qui, d’ailleurs, a déjà été donné aux étrangers communautaires puisqu’ils peuvent voter aux élections locales et européennes. Je ne comprends pas cette discrimination à l’égard des étrangers non-communautaires. Il est nécessaire de rétablir le droit à l’égalité de tous ceux qui contribuent à la vie de la cité » et d’ajouter « on n’est pas obligé d’être citoyen national, on peut être citoyen résidant. C’est un concept qui existe. Nous avons dépassé ce nationalisme lié au sang, aux morts et au terroir.

Dans notre vie quotidienne, au travail, les immigrés font partie de notre univers mais quand on doit partager les droits, on leur dit non ? Il y a là un vrai problème. D’autant que dans de nombreux pays européens, les étrangers peuvent voter. ».

Selon la sénatrice Esther Benbassa : « la loi sur le vote des étrangers serait à mon sens une manière d’intégrer. On demande aux étrangers de s’intégrer mais sans jamais leur donner de droits. Et il n’y a pas d’intégration possible dans un seul sens. Celui qui reçoit, le pays hôte, doit aussi savoir intégrer. Peut-être est-ce un moyen d’éviter ce repli des populations qui habitent avec nous, qui travaillent à nos côtés et pour nous… et qui sont stigmatisées » et de souligner « de notre côté, au sein du groupe des Verts, nous sommes très fiers de porter cette proposition tout comme nous serons fiers que la démocratie française puisse supprimer cette discrimination entre les étrangers communautaires et non-communautaires. Ce serait un signal d’intégration. Et pour nous qui nous battons depuis des années pour l’égalité des droits, une véritable avancée ».

La même source rapporte qu’en 2012, le candidat François Hollande s’y était engagé. « J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers ». Une promesse sur laquelle le président a semblé reculer le 13 novembre, soumettant son application à la « recherche d’une majorité » au Parlement.

Mohand T