Le glissement subtil du Congrès des Kabyles du Canada

0
Affiche pour les assises du CKC
Affiche pour les assises du CKC

CONTRIBUTION (Tamurt) – Le 13 mai 2018 à Montréal, a eu lieu une rencontre insidieusement dénommée, Congrès des Kabyles du Canada(CKC). Le groupe représentant ce dernier, n’est pas constitué tel que le suggère son appellation, c’est à dire de membres élus par des associations kabyles du Canada. Ce n’était que des personnes auto-mandatés prétendant représenter la communauté kabyle du Canada auprès des instances gouvernementales. De prime abord, la confusion était totale.

De part son appellation, cette association, à but non lucratif, s’octroie le droit de manière unilatérale d’agglomérer les associations kabyles du Canada, du même statut, dans un même ensemble et de s’auto proclamer tutrice, tel que formulé clairement dans son rapport de consultation à la page 9 : L’organisation fédératrice devra se placer au-dessus de toutes les associations en incluant toutes les sensibilités.

Cet organisme est né, d’une reprise d’événement, de la tragique tuerie de Sainte-Foy à Québec, le 29 janvier 2017, où deux victimes d’origines kabyles ont trouvées la mort. Un deuil a été organisé par les officiels algériens, ici au Québec, excluant l’usage de la langue kabyle et du drapeau amazigh, ainsi que les drapeaux du Québec et du Canada, selon ce qui a été rapporté ici dans la vidéo ici-bas :

L’oraison funèbre organisée confirme la non-reconnaissance du Peuple kabyle. Ce qui est loin d’être une surprise puisque l’Algérie se définit officiellement comme un pays arabe et musulman d’où notre combat pour notre identité.

L’unité nationale ou le fédéralisme
(Exclusion de la Kabylie – Exclusion du Québec)

On constate l’exclusion de la dimension kabyle dans la démarche du CKC. Sur le site de cette instance qui se dit kabyle, la langue kabyle est inexistante. Ce qui nous est proposé c’est une substitution identitaire et linguistique à travers l’omission volontaire de tout ce qui peut symboliser la Kabylie comme une entité politique à part entière.

Il n’y a que la feuille d’érable symbole du fédéralisme canadien qui y figure. Le drapeau québécois n’y figure même pas.

De ce fait, il y a une prise de position politique claire contre les militants indépendantistes kabyles et du Québécois. Difficile de ne pas voir le jeu de la double unité nationale : Algérie et Canada?

Une instance représentativité auprès des instances gouvernementales :

Les Kabyles du Québec doivent tous être informés qu’ils ont le droit de créer des associations comme tous québécois, organiser des événements, ils sont tous considérés comme des lobbyistes car ils ont une voix de vote pour choisir le prochain gouvernement. Ils ont le droit de s’exprimer dans toutes les tribunes de presse et à la télévision en leur nom comme tout citoyen. Le système de démocratie québécois donne le droit de parler à tout citoyen qui désire prendre la parole en public et cela n’exige pas d’avoir ni une instance ni une organisation spéciale. D’ailleurs cette forme de démocratie est similaire à la démocratie kabyle qui offre le droit de parole à tous les citoyens peu importe leur statut, leur rang social, leur tendance politique, leur religion ou leur non-religion, encore moins leur sexe.

Avoir une instance comme le CKC, c’est enlever toute possibilité de réplique à une action qui porterait atteinte à la réputation des Kabyles à Montréal, au Québec. C’est une deuxième reprise d’événement pour achever la voix de la Diaspora kabyle au Québec et serait la continuité de la première dont elle découle.

Une instance nuisible a la communauté kabyle :

Cette structure politiquement fédéraliste qui a pour mission de faire la promotion des partis libéraux du Québec et du Canada en vu des prochaines élections. Deux partis qui ont poussés à la suite des événements de la tuerie de Ste-Foy, à une islamisation accélérée du Québec rouvrant le débat déjà fermé sur les religions, ainsi que les accommodements raisonnables. Les québécois depuis plus d’une année et demie réclament la laïcité, une position qui est dans l’intérêt des Kabyles du Québec puisqu’elle est le moyen le plus sûr pour nous de ne pas revivre les problèmes qui ont désintégrer notre identité en Kabylie. Un héritage à léguer à nos enfants pour qu’ils puissent jouir d’un système démocratique qui leur permettra de vivre en toute liberté politique, religieuse et identitaire.

Et pendant que nos kabyles ont travaillés avec détermination pour se dissocier de la religion musulmane, qui est à l’origine du retour du débat des accommodements religieux, et pendant que nous nous faisons agressés nos enfants se font agressés dans les écoles ici-même au Québec car on se dit Kabyles, non-musulmans et laïcs, on voit M. Nacer Irid, membre du conseil d’administration du CKC, faire la promotion de l’islam modéré qui n’est pas un enjeu pour la communauté kabyle au contraire, il est nuisible dans un contexte ou les événements de Ste-Foy on déclenché une islamisation massive du Québec qui appel à la laïcité. Alors pourquoi faire un rapprochement ou une association des Kabyles à l’islam?

Le rapatriement de corps par cet organisme :

Le Congrès des Kabyles du Canada envisage le rapatriement de corps. Qu’est ce que cela implique :

Les associations villageoises kabyles se constituent principalement pour le rapatriement de corps. Cette ingérence est une reprise d’une activité essentielle qui risque de mener à la disparition des associations villageoise, qui sont la valeur la plus sûre pour les citoyens des villages de tisser des liens entre eux tout en gardant le lien avec leur villages en Kabylie et dont les connaissances des membres éviteraient toute infiltration par des éléments qui seraient parachutée avec des objectifs malintentionnés ou non-lucratifs.

Le CKC dans ce cas, fera bien entendu affaire avec une structure gouvernementale, ni québécoise ni canadiennes, puisque ce terme n’est même pas utilisé dans ces pays qui nous ont accueils, mais bien avec l’instance algérienne. Un citoyen adhérant au CKC et à son association villageoise, pourrait se retrouver confisqué lors de sa mort par le gouvernement algérien en collaboration avec cette instance représentative au détriment de son association villageoise pour finir finalement enterré comme les deux victimes kabyles de St-Foy.

Première atteinte à l’image et à la réputation des kabyles :

Comme le CKC, dont l’identité kabyle est complètement éclipsée et de par l’absence du drapeau amazigh, symbole du printemps berbère, le drapeau Kabyle symbole du printemps noir et le drapeau du Québec drapeau de notre deuxième pays, il suggère ainsi énonçant la tenue des assises, avec laquelle il visait la présence des politiciens et des media québécois, l’affiche d’une petite fille ayant du rouge à lèvre, et dans les lectures suivantes sont interprétées :

Un thème délicat et sensible au Québec qui est l’hyper-sexualisation des petites filles dont le maquillage constitue le premier geste de ce problème. Un phénomène que la société tente de régler par la sensibilisation des parents, des enfants, des écoles, pour laisser aux petites filles le droit de grandir sans stéréotypes qui les mèneraient à la servitude des hommes.

Et celui qui est en relation directe avec une appartenance religieuse clairement affichée et qui est la promotion de la femme infantilisée et asexuée. Une image de la femme kabyle qui n’en n’est pas. Un problème auquel fait face depuis des années la Kabylie à cause de l’islamisation. Un danger qui a ciblé de manière accélérée la Kabylie et dont les indépendantistes kabyle (MAK-Anavad et URK) tentent de sortir la Kabylie pour la protéger l’identité kabyle avec ses valeurs dont le respect de la femme et son mancipation.

Les valeurs du CKC ne reflètent pas les valeurs kabyles dont l’honnêteté et la transparence sont la base.

Considérons que toute personne possède le droit imprescriptible de fonder une Association ou un organisme à but non-lucratif pour promouvoir et défendre ses opinions pacifiquement et démocratiquement pour autant, en revanche, nul n’a le droit de contraindre une autre personne ou un groupe de personnes d’appartenir contre son gré à une association d’une part et d’autre part, nul n’a le droit en sus de représenter un groupe de personnes s’il n’est nullement et dument mandaté par les voies démocratiques.

Cet organisme communautaire « Congrès des Kabyles du Canada », qui a annoncé un taux de participation de 0,5% de la communauté sur 60 000 kabyles à Montréal, et qui voudrait se donner ce mandat, à eu une réponse claire de non-représentativité de la communauté kabyle à 99,5%. Il a eu présence de 250 personnes et qui n’ont pas toutes adhérées ( la capacité de la salle louée pour cette occasion est de 300 places Et toute action contraire à cette décision, sera considérée comme une violation de la démocratie Kabyles et Québécoise.

Par conséquent, l’équipe actuelle du CKC de a le droit d’exprimer ses opinions. Elle le fera comme toutes les associations à Montréal en son nom. Sous forme d’organisme et devrait avoir l’honnêteté de se donner un autre nom vu les circonstances. Elle fera le travail qu’elle veut et assumera l’entière responsabilité de ces actes. Cette option, permettra à d’autres associations pour la communauté kabyle un droit de réplique admettant l’émission de propos ou de valeurs qui ne sont pas Kabyles.

Les associations et citoyens kabyles doivent être prudentes concernant cet organisme et ses représentants.

La diaspora kabyle dans les autres pays étrangers ainsi que les Kabyles di Tmurt sont priés de ne pas faire de dons d’argents à une quelconque association, organisme ou projet au Québec ou au Canada. Plusieurs militants se font une image de notoriété pour profiter à titre personnels par la suite. La diaspora kabyle à le devoir d’aider la Kabylie et pas d’aller chercher des aides de la Kabylie.

Ceux qui militent pour la Kabylie affichent très clairement leur identité et leur tendance politique et travaillent en toute transparence conformément aux valeurs kabyles.

Ilelli Lounès