Le gouvernement autrichien veut saisir la maison de Hitler

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Le gouvernement autrichien veut saisir la maison natale d'Hitler. Il s'agit de la maison jaune, la 5e sur la droite sur cette photo.

(TAMURT NEWS) – L’Autriche a l’intention de saisir la maison natale d’Adolf Hitler afin d’empêcher qu’elle ne devienne un lieu de pèlerinage nazi, a annoncé le ministère de l’intérieur.« Nous avons conclu au cours de ces dernières années que l’expropriation était le seul moyen d’éviter que le bâtiment soit utilisé par [des sympathisants] nazis », a déclaré le porte-parole du ministère, Karl-Heinz Grundboeck, tout en précisant qu’il fallait encore  étudier  les fondements juridiques d’une telle procédure.

La maison en question se trouve 15, rue Salzburger Vorstadt, au cœur de la ville de Braunau am Inn, frontalière avec l’Allemagne. On peut y lire sur une dalle en pierre : « Pour la paix, la liberté et la démocratie. Plus jamais de fascisme: des millions de morts nous avertissent». La bâtisse de 800 mètres carrés fait l’objet, tous les 20 avril, date anniversaire de la naissance d’Adolf Hitler en 1889, d’un pèlerinage de militants néonazis.

Classé monument historique

La maison natale d'Hitler

Confrontés depuis des années à ce problème, l’Etat autrichien a déjà tenté d’intervenir. Propriété de Gerlinde Pommer, la maison avait été achetée par ses grands-parents en 1912. Expropriés par les nazis pendant la seconde guerre mondiale, le bien a été récupéré par ses propriétaires en 1952. Classé monument historique du fait de son ancienneté, le bâtiment ne peut être détruit.

En 1972 l’Etat décide d’en devenir locataire pour s’assurer qu’il n’en soit pas fait mauvais usage. Jusqu’en 2011, il abritera des locataires et même une école. Mais face au refus de la propriétaire d’opérer des rénovations, les locataires s’en vont et la maison reste inoccupée. Depuis lors, l’Etat autrichien tente de racheter la maison ou de forcer la propriétaire à en faire un lieu d’activité socio-éducative. Faute de parvenir à un accord, le minsitre de l’intérieur de l’Autriche évoquait en 2014 la possibilité de recourir à une expropriation si cela devait constituer « la dernière option ».