Le gouvernement Français saisi de la question Kabyle.

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Voici l’intégralité de la question :

« Mme Valérie Boyer attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la nécessaire préservation de l’identité amazigh à travers la reconnaissance de la culture et de la langue kabyles pourtant menacées par le gouvernement algérien.

Avec ses 8 millions d’habitants, la Kabylie s’étend sur près de 26 000 km² le long de 200 km de côte méditerranéenne. Depuis l’indépendance de l’Algérie, cette région à la fois historique et ethnolinguistique a été le cadre de plusieurs mouvements de contestation du régime d’Alger.

Ainsi, en 1980, la Kabylie et les universités des départements limitrophes connaissent plusieurs mois de manifestations réclamant l’officialisation de la langue berbère : c’est le « printemps berbère ». Mais l’entrée en vigueur d’une loi généralisant l’usage de la langue arabe dans tous les domaines, donc interdisant le kabyle, ravive les tensions. Des émeutes éclatent.

En 2001, 128 jeunes Kabyles perdent la vie sous les balles des services de l’État tandis que deux milliers sont gravement blessés et pour certains d’entre eux mutilés à vie. Depuis lors, les revendications autonomistes se multiplient. Formé en France en 2010, le gouvernement provisoire kabyle n’a eu de cesse de protéger et de sauvegarder l’identité kabyle, ses valeurs ancestrales empreintes de tolérance qui font de cette région l’un des derniers bastions de la laïcité et de la francophonie en Afrique du nord.

Dans ce contexte, elle souhaite connaître les intentions du Gouvernement français quant à l’avenir de ses relations diplomatiques avec le gouvernement algérien, en particulier en ce qui concerne les discriminations dont le peuple kabyle paye chaque jour le prix. »

Kader DAHDAH conseiller auprès du président du gouvernement provisoire Kabyle.