Le journal arabophone Ennahar dénigre, encore une fois, le peuple kabyle et ses représentants

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KABYLIE (Tamurt) – Contacté par téléphone par nos soins sur ce nouveau saut dans le néant d’Ennahar, le président du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK), M. Ferhat Mehenni a affirmé que jusqu’à preuve du contraire, l’émission de la monnaie kabyle n’est pas encore à l’ordre du jour du gouvernement qu’il préside. « Toutefois, observe le premier responsable du GPK, si l’on parle de monnaie spécifiquement kabyle, cela ne peut être que synonyme de l’attachement du peuple kabyle à son autonomie ». Dans le même article, qui n’est ni plus ni moins qu’un assemblage de mots littéraires, aussi bien dans le fond que dans la forme, notre ami et confrère pousse l’outrecuidance jusqu’à présenter M. Ferhat Mehenni comme un chanteur d’abord, leader d’un mouvement ensuite. N’est-ce pas là une maldonne journalistique dès lors que M. Ferhat Mehenni a mis fin à sa carrière artistique, voilà plus d’une décade. Même si on n’adhère pas à sa politique, le journaliste, par l’exigence de son métier, est tenu de présenter comme un homme d’Etat. Le défunt président des Etats-Unis, Ronald Reagan, avait d’abord mené une carrière cinématographique avant de se reconvertir au politique. Et juste au moment où il a troqué son costume d’acteur de cinéma contre celui du politique, les médias le présentaient dès lors comme tel. Notre ami et confrère, Hassane Ziri croit que faire dans la dérision mal placée honore son sujet.

Parmi d’autres fadaises notées dans cet article et qu n’ont pas passé inaperçues figure le non ancrage du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) dans la région de Kabylie. Pour une aporie, c’en est bien une. En effet, si le MAK est une force insignifiante en Kabylie, pourquoi tant d’écrits à son propos ? Par ailleurs, depuis quand des institutions d’Etats reçoivent dans un cadre officiel des représentations d’organisations insignifiantes ? Est-ce à comprendre que les Etats américains, canadiens, allemands, israéliens et tant d’autres sont dans le besoin de leçons des formes protocolaires ?

Ce n’est pas sérieux de la part d’Ennahar. Ce journal véhiculant une idéologie islamiste ; donc antikabyle, est – démocratie oblige – libre de rejeter les thèses du MAK-GPK mais faire des canulars pour des besoins de dénigrements, c’est contraire à la philosophie d’Albert Londres.

Les lecteurs et lectrices d’Ennahar méritent beaucoup mieux que ces canulars commandés par des officines occultes. Ceci dit, l’autodétermination de la Kabylie n’est qu’une simple question de temps. Et pour rassurer les bonnes volontés, la Kabylie autonome maintiendra la monnaie nationale algérienne. Idem concernant l’armée et la diplomatie. Nous tenons à rassurer enfin nos lecteurs et lectrices que le journaliste d’Ennahar, Hassane Ziri, est loin de relever de la catégorie des flibustiers. Son seul défaut est de croire obstinément qu’il est possible de courir plus vite que la musique. C’est sa grande fougue qui en est à l’origine. En ce qui nous concerne, nous demeurons convaincus qu’il finira par avoir des visions journalistiques plus claires. Et certainement dans un avenir proche.

Saïd Tissegouine