Le MAK à Aïn El Hammam : Cap sur la réunion des responsables de la confédération

3

KABYLIE (Tamurt) – Accompagné de Hsen Medrouk, membre du conseil national du MAK, M. Bouaziz Aït-Chebib s’est rendu hier dans la circonscription de Aïn El Hammam où il a rencontré les cadres et militants locaux. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la préparation de la réunion des cadres et responsables de la confédération de Aïn El Hammam prévue pour la journée du 22 du mois en cours.

Il y a lieu de noter qu’avant la tenue de la réunion, les participants, à leur tête, naturellement le président du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), se sont rendus au cimetière où repose le célébrissime poète kabyle, Si-Mouh Oumhand. Devant la tombe de cet illustre rhapsode et résistant du XIX siècle, Bouaziz Aït-Chebib et ses camarades ont observé une minute de silence en sa mémoire.

S’agissant de la teneur de cette réunion, l’accent a été mis sur les mécanismes à actionner en vue de réussir cette rencontre du 22 où se dégageront les segments devant aboutir à la conférence nationale du MAK.

Par ailleurs, le président du MAK a saisi l’opportunité de cette rencontre avec les responsables de la coordination de cette région pour éclaircir certains points ayant directement trait à la politique menée depuis quelques temps contre le peuple kabyle et ses représentants légitimes par certains aventuriers et mercenaires à la solde du pouvoir.

Dans la simple équation : élections présidentielles – argent et sous-traitance locale – les différents intervenants, notamment Bouaziz Aït-Chebib n’ont eu aucune difficulté à réunir « les raisons » des calomnies dirigées contre le MAK. La grande avidité pour l’argent facilement gagné, principale raison d’allégeance au pouvoir, a fait aussi commettre de grandes maladresses à leurs auteurs au point d’avoir oublié que l’officialisation du kabyle fait partie des trois constances indiscutables du MAK dans le cadre d’un Etat kabyle.

Pour le président du MAK :  » il ne s’agit pas d’être pour ou contre l’officialisation de Tamazight que nous considérons comme une fausse solution à un vrai problème.
C’est une faute fatale de réduire note combat à une question linguistique. La Kabylie revendique et réclame son droit à l’autodétermination conformément au droit international pour choisir librement le statut politique qui lui sied.
Cette revendication est hors sujet, dépassée par les événements et même dangereuse. Une nouvelle reconnaissance fictive ne servirait qu’à nous déposséder davantage encore en plaçant Tamazight sous l’administration de l’Etat. Nous ne comprenons même pas qu’il reste encore des gens qui croient réellement que l’officialisation de Tamazight réglera le problème. Tamazight a déjà un statut de langue nationale, a-t-elle pour autant droit de cité dans la nation algérienne ? Son enseignement facultatif, les députés de la Kabylie ne sont même pas autorisés à s’exprimer en kabyle, aucune compagnie de transport algérien ne délivre de consignes de sécurité dans cette langue consacrée langue nationale, il a fallu attendre qu’une compagnie aérienne étrangère appartenant, comme par hasard à un kabyle, pour en faire usage. Les prénoms amazighs sont soumis à un tri sélectif du ministère de l’intérieur et dans une transcription exclusivement arabe…et la liste est longue et variée. Alors, il faut arrêter de se moquer du monde. Nulle part au monde, il n’y a de statut qui soit équivalent à un Etat. Pour vivre, une langue a besoin d’être la langue privilégiée d’un Etat. Ni l’Algérie, ni le Maroc, ni la Libye, ni aucun pays où il y a en présence une langue amazighe ne mettra sur un même pied d’égalité la langue amazighe avec la langue arabe. Croyez-vous que tamazight langue officielle au Maroc bénéficie des milliards octroyés à l’arabisation ? Bien évidemment non et ce ne sera jamais le cas comme le démontre une nouvelle fois le cas de la Libye où les amazighs ont quitté le congrès national libyen, boycottent les élections de la constituante et ont entamé la désobéissance civile. De ce point de vue, ils ont d’ailleurs beaucoup plus de mérite, d’honneur et de courage que nos députés qui acceptent de siéger dans une assemblée qui humilie le peuple qui les a élu et travaille très activement et avec leur concours à la destruction de la Kabylie. Enfin, pour ce qui me concerne, j’ai bien retenu les leçons du passé, et l’unique objectif qui détermine désormais mon engagement militant, c’est l’avènement d’un Etat Kabyle, authentique, démocratique, laïque et social qui va servir d’exemple pour les autres peuples Amazighs, sauf si ce sont les Amazighs de Libye l, peut-être moins pollués par le démocratisme béa de nos 51 années de luttes infructueuses ne nous donnent l’exemple.

La langue kabyle a besoin d’avoir son propre Etat. Une officialisation de façade sous la domination de l’Etat algérien qui pratique depuis 51 ans un intense colonialisme linguistique et identitaire, ne peut que précipiter l’extinction de notre langue qui est classée par l’Unesco parmi les 40 langues au monde qui risquent de disparaître très prochainement.

La Kabylie ne veut plus réduire ses aspirations à une simple question de revendication linguistique pendant que l’Etat s’assure l’arabisation effective des nouvelles générations et que certaines « élites » kabyles font encore semblant de faire de l’officialisation de Tamazight la clé du problème de la Kabylie alors qu’ils savent pertinemment que la question linguistique ne peut connaître de dénouement effectif que dans le cadre d’un Etat démocratique, laïque et social, et donc d’un Etat kabyle : La liberté, la démocratie et la laïcité étant difficilement compatibles avec le totalitarisme arabo-islamique qui gangrène l’Algérie ».