Le MAK a procédé au lever du drapeau kabyle

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Lever du drapeau Kabyle le 20 avril 2015 à Tizi-Ouzou Kabylie
Lever du drapeau Kabyle le 20 avril 2015 à Tizi-Ouzou Kabylie

TIZI-OUZOU (Tamurt) – C’est une journée historique qu’a vécu hier la Kabylie. Journée historique sont bien les mots justes car c’est en ce jour, lundi 20 avril 2015, que la famille militante et patriotique du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), soit 14 ans après sa création par un homme répondant à l’appellation de Ferhat Mehenni, a procédé au lever du drapeau kabyle.

C’est devant une marée humaine que les couleurs kabyles ont été hissées. Le lever de ce drapeau tant aimé et tant désiré, car porteur d’une identité d’une nation ; la nation kabyle, a eu lieu au niveau de l’avenue Abane Ramdane, plus exactement du côté ouest de la banque CNEP et en face du jardin Premier Novembre 1954.

Avant le lever officiel de notre emblème national, il faut relever que suite à l’appel à ce rendez-vous mémorable par le MAK, dès le lever du jour, des dizaines de milliers de personnes, des deux sexes et de tous les âges, sont arrivées sur les lieux où devait être donné le coup d’envoi de la marche, plus exactement devant le portail de l’université Hasnaoua.

Aux environs de dix heures, c’est une véritable marée humaine qui s’agglutinait déjà sur ces lieux retenus comme point de départ de la manifestation. Combien de manifestants pouvait-on voir devant l’université Hasnaoua avant même le début de la marche. 20.000 ? 30.000 ? Plus ? Plus tard, des compétences estimeront le nombre de manifestants qu’a rassemblés le MAK à plus de 60.000.

Toujours avant le départ de la marche, Bouaziz Aït-Chebib s’est affairé à répondre aux questions de journalistes, nombreux à couvrir l’événement. Il y avait effectivement la presse écrite, radiophonique et audiovisuelle. Le Président du MAK est sollicité de partout. Du côté des manifestants, l’heure était aux slogans et aux chants patriotiques kabyles.

Par la même occasion, les drapeaux étaient portés et hissés fièrement. Au même temps beaucoup de manifestants, posaient avec le drapeau devant les appareils photographiques et filmiques pour immortaliser ces instants. Tout le monde sait que les photographies et les films pris aujourd’hui seront un jour des documents historiques d’une valeur inestimable.

A l’heure « J », les organisateurs ont donné le coup d’envoi de la marche. Le premier carré a porté le portrait géant de Ferhat Mehenni. Les centaines d’autres carrés qui ont suivi portaient chacun une banderole sur laquelle était inscrit un slogan du MAK. Il faudra plus d’une heure pour que le premier carré atteigne l’avenue Abane Ramdane.

Aux slogans scandés en chœur par des dizaines de milliers de voix se mêlaient celles des organisateurs dont les voix étaient amplifiées par des mégaphones. Et à fur et mesure que d’autres carrés arrivaient sur le lieu où devait avoir lieu le lever du drapeau, les rangs gonflaient. L’avenue Abane Ramdane, large de 06 mètres et longue de plus de I00 mètres ne pouvait contenir tant de manifestants. C’est pourquoi, après le lever des couleurs kabyles, moment très solennel, la marée humaine prit la direction opposée, c’est-à-dire vers la sortie de la ville par l’Est, plus exactement vers la place Simane Azem. Le tunnel traversant la place des Martyrs s’avéra exigu pour contenir tant de manifestants. C’est pourquoi, des milliers d’autres ont emprunté la voie supérieure.

Une fois atteint la place Slimane Azem, (ce n’est l’ensemble des manifestants car des milliers d’autres se trouvaient encore loin derrière), voilà que des clameurs étaient poussées. La raison en est l’arrivée sur les lieux de l’artiste Oulahlou. Après une multitude d’autres slogans scandés en chœur où certains faisaient l’éloge du MAK et d’autres hostiles au pouvoir, voilà qu’arrive le moment de la pose de la plaque commémorative au nom de Slimane Azem. C’est à ce moment aussi que Hocine Azem et Bouaziz Aït-Chebib se sont alternés dans la prise de parole. En dépit d’un mégaphone qui amplifiait leurs voix, il était quasiment impossible d’entendre leurs discours tant que des milliers d’autres voix manifestantes poursuivaient leurs slogans.

Il est à retenir cependant que les deux responsables du MAK ont mis en exergue la dimension de feu Slimane Azem et l’obligation morale de la famille militante et patriotique du MAK à baptiser la place en question en son nom. Par ailleurs, Bouaziz Aït-Chebib et Hocine Azem ont martelé que personne ne peut stopper la marche du peuple kabyle ni s’inscrire dans une démarche à son encontre. Cette plaque baptismale en question a été incrustée sur un socle en béton supportant les deux broyeurs d’olives faits en granit. Ces deux broyeurs d’olives sont aussi
porteurs d’une identité ; une identité bien kabyle puisque leur fonction consiste à broyer le grignon afin de le séparer de la chair d’olive, celle-là même où est extraite l’huile. Or, dans le Bassin Sud de la Méditerranée, c’est la Kabylie qui symbolise cette matière végétale aux grandes vertus.

Après avoir procédé officiellement à l’opération baptismale de la place, ce fut au tour de l’incessante prise de photos pour immortaliser l’événement. Après cela, les organisateurs déclarèrent la fin de la manifestation. Il va sans dire que les manifestants se dispersèrent dans le calme. Il est à relever par ailleurs que depuis le début jusqu’à la fin, la manifestation s’est déroulée dans des conditions ultra pacifiques. Pas la moindre anicroche n’a été signalée du début jusqu’à la fin de la manifestation. Le peuple kabyle a prouvé sa maturité. Il a prouvé que c’est un grand peuple ; un peuple digne devivre en liberté.

Addenda : Du côté des pouvoirs publics pas le moindre policier en tenue de combat n’a fait son apparition. Seuls des policiers en civil, surtout les éléments des renseignements généraux, se sont mêlés aux manifestants. En définitive, le peuple Kabyle a donné aujourd’hui à Alger une leçon de pacifisme et de civisme.
En dernier, il y a lieu de signaler que durant toute la durée de la manifestation, tous les commerces avaient les rideaux baissés.

De Tizi-Ouzou par Said Tissegouine