Le parquet de Taghardayt s’acharne sur Me Dabouz

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Me Salah Dabouz
Me Salah Dabouz

TAGHARDAYT (TAMURT) – Rien ne peut justifier la décision de mettre l’avocat, Me Salah Dabouz, sous contrôle judiciaire à 600 Km de son lieu de résidence et de travail.

Depuis le 8 avril 2019, Me Dabouz est contraint de signer deux fois par semaine au tribunal de Taghardayt (Ghradaïa), obligé ainsi de parcourir 2400 km chaque semaine pour une petite signature.
Non content de maintenir ce contrôle judiciaire absurde, la chambre d’accusation de la cour de Taghardayt, présidée par Fahim Mohamed, a ajouté un troisième jour de signature. C’est du jamais vu en Algérie. Mettre un avocat, ancien président de la ligue algérienne des droit de l’homme (LADDH) et membre de Frontline Defenders, sous contrôle judiciaire, à 600 km de son lieu de travail et de résidence avec obligation de signer trois fois par semaine, c’est là qu’apparaît clairement l’intention de vengeance de tout un clan détenant le pouvoir à Taghardayt.

Devant la patience et la détermination de Me Dabouz, l’appareil judiciaire s’est mis en branle pour lui régler des comptes personnels. En effet, le procureur général de Tagharadayt, Mohamed Bensalem se donne en spectacle. Il vient de faire la démonstration la plus caricaturale du fonctionnement de la Justice en Algérie. Abus de pouvoir, et manipulation de l’appareil judiciaire, le tout pour empêcher par tous les moyens illégaux, drapés de légalité, l’avancement du travail de Me Dabouz. Cet acharnement confirme, une fois de plus, la conduite scandaleuse des affaires judiciaires par Mohamed Bensalem et ses collaborateurs, animés par la haine, l’arbitraire et le racisme. Comme si cela ne suffisait pas, ce même Procureur général a mobilisé sa bande d’acolytes, pour lui apporter un soutien public en aggravant les divisions ethniques et communautaires.

Cette bande de voyous à la tête de l’appareil judiciaire et administratif de cette Wilaya meurtrie se comporte en conquérants dans un territoire occupé. Il suffit de se référer aux communiqués du Tribunal pour s’en convaincre. Ce sont des déclarations accablantes de la partialité de la justice à Taghardayt.

Nous, Izmulen, condamnons énergiquement les agissements du procureur général, Mohamed Bensalem, du juge d’instruction, Bouhriche Mohamed, et tout le personnel impliqué dans cette politique anti Mzab. Nous exprimons et affichons notre soutien à Me Dabouz dans son combat pour le triomphe de la justice. Nous annonçons à cet égard que nos démarches se poursuivent en vue de traduire devant un tribunal à compétences universelles tous les acteurs de la tragédie mozabite. L’association Izmulen se constituera partie civile pour tous les crimes commis dans le Mzab depuis bien avant 2013 à ce jour. La justice vaincra.

Paris le 1 mai 2019
Président d’Izmulen
Mohammed DABOUZ