Le peuple Kabyle perd un autre vétéran

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(Contribution de Boualem Afir) – C’est Hocine Ait Ahmed le guerrier convaincu. En plus de sa participation active dans le combat en tant que militaire dans l’armée algérienne contre l’occupation francaise, Hocine Ait Ahmed était l’un des principaux stratèges de la révolution algérienne et membre très impliqué au sein du FLN

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Hocine Ait Ahmed Ben Mohamed Yahia, connu sous plusieurs pseudonymes, est  né le 20 août 1926 à Aït Yahia (Ain El Hammam, dans la wilaya de Tizi-Ouzou), en Algérie.

Son décès est annoncé hier, le 23 décembre 2015, à Lausanne (Suisse)  à l’âge de 89 ans, à la suite d’une longue maladie, a annoncé à Alger son parti le (FFS), le Front des forces socialistes

Il est titulaire de la première partie du baccalauréat et c’est un polyglotte confirmé. Il est marié à la soeur de Mohamed Khider, autre chef historique, et il a un enfant.

Il fut condamné à un an de prison le 9 octobre 1947. Il organise le hold-up de la poste d’Oran qui rapporte 3 170 000 francs, nécessaires à l’achat d’armes.

Le déclenchement de l’insurrection le trouvera au Caire chargé d’organiser les services d’information et de propagande du F.L.N.

Ce Kabyle  infatigable avait reussi à introduire la question algérienne  à l’O.N.U.

Le 22 avril 1956, il est arrêté dans l’avion arraisonné en plein ciel par l’armée française, ainsi que Ben Bella, Boudiaf, Khider et Lachraf.

Il passera sept ans à la prison de la Santé en France jusqu’à l’indépendance de l’Algérie, en juillet 1962.

Le combat de ce grand militant reprend aussitôt contre le régime illégitime algérien qui s’est mis en place suite à défaite de la France.

1963, il était la tête de la rébellion contre le régime de Ben Bella. Ait Ahmed a compris que cette horde de malfaiteurs vont conduire l’Algérie vers la ruine et voler ainsi la liberté tant attendue par le peuple.

Il sera arrêté, emprisonné et condamné à mort, mais il réussira à s’évader de prison grâce à ses amis révolutionnaires Kabyles en 1966 pour trouver exil en Suisse durant une vingtaine d’années.

Il n’a pas cessé son combat et sa lutte en dénonçant les despotes racistes qui ont pris le pouvoir par la force ou/et la fraude en Algérie, depuis la “pseudo-indépendance” de notre pays.

Opposant farouche, les squatteurs d’El Mouradia lui ont tendu des pièges pour le liquider, en l’invitant même à prendre le trône, mais en vain.

Il laisse ainsi, après sa mort, une Algérie meurtrie et un peuple avili par un président mourant et ses acolytes morbides.
Paix à son âme et courage aux siens