Le plan machiavélique contre Tamazight/Taqbaylit

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1-Statut expérimental de l’enseignement.

Précisément, cet enseignement n’a officiellement qu’un statut expérimental. Pendant ces 17 années d’expérimentation, la présidence de Bouteflika auquel est rattaché le HCA (le haut commissariat à l’Amazighité) n’a pas encore fait d’évaluation pour en tirer les conséquences


2- Caractère facultatif de l’enseignement.

L’apprentissage du kabyle/tamazight n’a pas le même statut que les autres matières ; le tamazight est facultatif, c’est à dire que l’élève ou son parent peuvent demander à ce qu’il soit dispensé de ces cours s’il est par hasard dans une classe qui en bénéficie. Si les élèves avaient le choix de se dispenser de certaines matières, très peu arriverons à avoir une bonne instruction. Alors que s’ils avaient le choix d’êtres dispensés de la langue arabe très peu, voir aucun enfant Kabyle ne suivrait les cours d’arabe. Mais comme le destin des kabyles n’est pas entre leurs propres mains, ils continueront à subir la déculturation et la dépersonnalisation.

Ce caractère facultatif de l’enseignent de Tamazight/Taqbaylit en Kabylie démontre bien la haine du pouvoir envers cette langue.

3- Restriction du nombre de classes et d’élèves.

Dans chaque école ou collège, seulement un nombre restreint de classe pouvant avoir un enseignant, en moyenne seulement deux classes sur 10 auront un enseignant, on met ceci sur le compte du manque d’enseignants et ou de poste budgétaires.

4- Enseignement tardif.

Ce n’est qu’à partir de la 4e année du fondamentale (CM1) que l’enfant kabyle pourra apprendre sa langue maternelle s’il a, bien sûr, la chance d’être dans une des rares classes de son école ou collège bénéficiant de ces cours. Ce retard est bien calculé, il a pour but de ne pas le familiariser avec sa langue maternelle dans ses premiers apprentissages, plutôt de le mettre en contact primitif avec la langue arabe pour la substituer à sa langue maternelle.

5-Apprentissage à la demande.

Fait nouveau, maintenant, les enseignants remettent des imprimés à remplir par les parents pour demander l’option tamazight à leur enfant, et si le nombre d’enfants est insuffisant, pour créer une classe, l’option tamazight disparait. Ce pouvoir raciste et anti kabyle refuse encore de prendre en considération la demande faite par le peuple Kabyle en 1980, en 1998, en 2001 ; cette demande est écrite avec le sang des 128 martyres et handicapés ainsi qu’avec les larmes de nos mères qui n’ont pas encore séché.


6- Pressions sur les enseignantes et mauvaises conditions de travail.

Si le directeur de l’école n’aime Tamazight/Taqbaylit, il mènera la vie dure aux enseignants de cette matière.

Les conditions de travail des enseignants de tamazight sont des plus exécrables. Il n’y a que ceux qui sont réellement déterminés et poussés par leur militantisme qui résistent, c’est ainsi que l’enseignant doit parcourir des kilomètres par jour pour assurer les cours dans les écoles des différents villages souvent éloignées à des dizaines de kilomètres.

7- L’enseignement universitaire :

Les 3 universités de Bougie, Tuβiret, et Tizi forment environ 300 licenciés en Tamazight par an, mais au lieu de les affecter au primaire, au collège et au lycée, ils se convertiront dans d’autres métiers pour travailler ou agrandiront la liste des chômeurs. Cet enseignement universitaire ne sert, en réalité, que pour éviter les mouvements de révolte et de revendications estudiantines kabyles, car le fait de voir un département de tamazight et de côtoyer tous les jours des étudiants de tamazight donne l’impression que tout est acquis.

Conclusion : La volonté du pouvoir d’éradiquer le tamazight/Taqbaylit est bien claire et ne laisse aucun doute. Il a mis en place ces manœuvres tendant à tromper l’opinion Kabyle et internationale pour faire croire qu’il prend en charge cette langue alors qu’en réalité il ne fait que la maintenir dans un état végétatif pour donner du temps au rouleau compresseur de l’arabisation.

Kader DAHDAH

Conseiller auprès du président du gouvernement provisoire Kabyle.