Le pouvoir bloque la fondation de Said Sadi

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KABYLIE (Tamurt) – Said Sadi, ancien Président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) vient de signer une deuxième sortie publique en moins de deux semaines depuis qu’il a annoncé son départ du RCD, même en sa qualité de « simple militant ». Cette fois-ci, l’ancien détenu du printemps berbère d’avril 80 tient à dénoncer le blocage de l’agrément de sa fondation dénommée « Afud » par le ministère de l’Intérieur algérien.

Said Sadi dit avoir chargé plusieurs avocats dont certains sont célèbres comme Mustapha Bouchachi, Miloud Brahimi et Khaled Bourayou afin de « défendre la fondation AFUD (analyse, formation, unification, développement) illégalement privée d’activité alors qu’elle a scrupuleusement respecté les procédures en vigueur lors de sa création en janvier 2016 ». Said Sadi précise qu’en matière d’association, la législation algérienne, « dont ne manque jamais de se prévaloir le régime devant l’opinion internationale, stipule que deux mois après l’assemblée générale constitutive, toute demande n’ayant pas fait l’objet d’une notification écrite justifiant son rejet est réputée agréée ». Sauf que, ajoute l’auteur de la biographie du Colonel Amirouche, le ministère de l’intérieur a instruit son administration centrale pour ne pas délivrer de récépissé au moment du dépôt de dossier. « Et c’est précisément ce document qu’exige l’administration territoriale, relevant du même ministère, pour entreprendre la moindre activité sur le terrain », rappelle Sadi.

Ce dernier explique que la large adhésion suscitée par la constitution d’« Afud » s’était manifestée par une mobilisation de la diaspora qui proposait son expertise et le financement de projets de développement durable provenant d’ONG où exercent beaucoup de nos concitoyens expatriés avec, pour certains d’entre eux, d’éminentes responsabilités. « Les producteurs de produits du terroir avaient, pour leur part, exprimé le souhait de voir leurs moyens et expériences mutualisés pour être mieux accompagnés dans la promotion de leurs cultures.

Les citoyens s’intéressant au patrimoine immatériel avaient affiché la volonté de s’impliquer dans une stratégie de développement de tourisme solidaire valorisant des sites, des produits, des pratiques et des évènements livrés à l’oubli et l’abandon et condamnés, à plus ou moins brève échéance, à la dégradation irrémédiable ou l’extinction », ajoute Said Sadi.  Ce dernier enchaine que sans préjuger de la décision de justice qui sera rendue, « le traitement du cas d’ « Afud » relancera le débat autour des abus bureaucratiques qui sanctionnent et inhibent l’ensemble du tissu associatif national ». Il apparaît, en effet, étaye Said Sadi, que la plupart des ONG algériennes ou celles activant dans le pays, quand bien même seraient-elles tolérées, sont soumises aux humeurs des dirigeants dans la mesure où, faute de récépissé, très peu sont en mesure de prouver qu’elles ont déposé leur dossier.

Sur ce registre aussi, il y a un déni constitutionnel permanent qui doit être dénoncé être combattu sans répit. « Je saisis cette opportunité pour exprimer mes remerciements les plus chaleureux au collectif d’avocats qui a spontanément manifesté sa disponibilité pour défendre le droit d’association, consacré par la constitution et essentiel à l’harmonie et la stabilité de toute cité démocratique », conclut le fondateur du RCD.

Tahar Khellaf