Sadi face à la schizophrénie de l’Etat algérien

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Bon gré malgré, le combat de l’ami de vingt ans versera, tôt ou tard dans l’escarcelle d’une Kabylie souveraine. Celle qui avait existé il y a moins d’un siècle avant l’empire. A une époque où le mot séparatiste n’était qu’un mot parmi d’autres et non pas une insulte d’une coopérante à un autochtone.

L’Etat algérien est malade. Certains diront le pouvoir algérien, pour nuancer le propos et épargner cette pseudo famille qui avance ou tous ceux là qui veulent vivre, selon d’autres. Non, la république algérienne démocratique et populaire est malade. Sa maladie est diagnostiqué : elle s’appelle « le Kabyle ». Le refus de rentrer dans les rangs, de traverser par les passages cloutés de l’officialité et la résistance de la Kabylie sont perçues comme des cellules cancéreuse auxquelles il faut appliquer une chimio. Ou si vous êtes président quadoromandaté, mourant et originaire d’Ouadjda, un changement intégral de plaquettes de sang tous les six mois, pour débarrasser cette patrie promise FrançAlgérie de cette « vermine » de Kabyles.

Revenons à nos moutons. Avant Sadi, l’adage populaire avait assimilé les messalistes à une insulte de la révolution. Même si les messalistes ont toujours été des têtes de mules qui n’ont jamais changé d’avis malgré le feu et le glaive, ils restent des traîtres aux yeux de l’Histoire. Pardon Dda Saîd naṭ Tizi, l’entêtement n’implique pas avoir raison. (C’est mon cousin)

Après l’adage, la confiscation de l’histoire par le BTS ou le clan de l’Est, Messali et son histoire sont évacués de la scène. Les BTSistes « nationalistes » ont compris qu’il vaut mieux être des bâtards que d’avoir un père comme Messali.

L’apparatchik Said Abadou, pour faire plaisir aux signataires de son attestation de moudjahid, a déclaré que Messali est un traître en 2011, dix ans après le colloque sur la vie et le parcours de ce dernier. Colloque souhaité et soutenu par l’actuel patient d’El Mouradïa.

Le fils du colonel Amirouche, Nordine a déclaré sur les ondes de la chaîne privée KBC que Messali est un traître sans que personne ne crie au loup.

Pour avoir osé commettre un livre sur Amirouche, tous les Malgaches d’Algérie et de Navarre se sont ligués contre lui. Pourquoi ?

Parce que Sadi est le plus fragile des politiciens kabyles, hormis ceux du FFS qui n’ont de politique que le salaire. Sadi contre vents et marées continue d’œuvrer pour réconcilier une Kabylie rebelle avec une Algérie pervertie par des anciens Harkis installés aux commandes par la France.

Sadi est victime de sa génération trop compromise dans un idéal algérien évaporé comme la buée des lessiveuses au contact du soleil de midi. Il est victime de son hyperactivité pour démocratiser l’Algérie et le système mafieux engendré par la confiscation de l’indépendance. Il a le syndrome de ceux qui ont échoué juste avant d’arriver.

Sadi et ses mésaventures avec le clan d’Oudja sont un mal nécessaire pour l’autodétermination de la Kabylie. Il est l’exacte contraire des abstentionnistes d’idées du front Kabyle qui depuis 1965 n’affrontent rien ni personne. Combiné à la chute du pétrole, l’acharnement de l’Etat algérien contre Said Sadi précipitera la chute de ce département de la France d’Outre mer.

Bon gré malgré, le combat de l’ami de vingt ans versera tôt ou tard dans l’escarcelle d’une Kabylie souveraine. Celle qui avait existé il y a moins d’un siècle avant l’empire. A une époque où le mot séparatiste n’était qu’un mot parmi d’autres et non pas une insulte d’une coopérante à un autochtone.

Zahir Boukhelifa