Le SG du FLN fait face à un mouvement de redresseurs des plus coriaces : Belkhadem ou l’arroseur arrosé !

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ALGÉRIE (Tamurt) – Au FLN, l’histoire est un éternel recommencement. elle a commencé avec Mehri, qui voulait faire du parti unique un parti d’opposition en le traînant à Rome pour négocier avec les islamistes du FIS , elle a continué avec Boualem Ben Hamouda, et ensuite Benflis, qui s’est vu éjecté par une justice de nuit, pour n’avoir pas pu accepter l’offre de soutenir Abdelaziz Bouteflika. L’œuvre de redresser le FLN était celle de Belkhadem. Connu pour être proche des islamistes radicaux, cet enseignant de langue arabe à Frenda a été installé au comité central du FLN par Boumediene qui a vu en lui « un super orateur » dans la langue d’El Moutanabi. Il figurait parmi ceux qui avaient reçu Boumediene, alors président issu du putsch de 1965 contre Ben Bella et chantre de la Ouma El Arabia.

Belkhadem, ne s’arrêtera pas au comité central du FLN. Il gravit les échelons pour atteindre celui du président de l’APN en 1990. Sur ce, ses orientations féodales le menèrent à contracter des alliances avec les Iraniens pour faire sombrer la République et instaurer la théocratie chère au FIS, dont il est l’un des représentant,aujourd’hui encore, dans les hautes sphères de l’Etat.
En 2004, il lance un mouvement de redressement qui le désigna á la tête du parti unique, au mépris des statuts et des résolutions du congrès du FLN qui avait désigné Ali Benflis à ce poste . Belkhadem sera ainsi désigné à la place de Benflis par un juge à Alger vers 5h du matin. Pourtant, Benflis avait occupé le poste de chef du gouvernement de Bouteflika, celui qui sera, quelques mois après, son unique adversaire lors des présidentielles de 2004. Soutenu par Saïd Sadi, Ali Benflis n’aura pas l’appui des militaires, son clan s’en va, avec la réélection de Bouteflika. Lamari paya alors les frais de son soutien à Benflis, de même que quelques organes de presse qui avaient porté leur soutien au rival de Bouteflika.

Ali Benflis avait engagé des pourparlers avec les Arouch-Taïwan à Alger. Son implication dans le massacre des jeunes Kabyles n’est pas à démontrer: il était chef du gouvernement et Ouyahia, l’actuel premier ministre, occupait, alors, le poste de ministre de la Justice.

Belkhadem, dont le soutien est sans failles au président Bouteflika, ne sera pas à sa première démêlée avec les militants du FLN. Même du coté de Bouteflika, le jeu parait bien clair, dès lors que le ministre de l’Intérieure a laissé libre cours aux rivaux de Belkhadem. Ce dernier se sentant menacé par ses pairs au FLN, voulait remuer le couteau dans la plaie, en jouant à la victime. Ses adversaires lui reprochent notamment son ambition présidentielle, quoi que démesurée, mais il est clair comme de l’eau de roche, que la réélection de Bouteflika étant impossible, le FLN cautionnera un candidat du consensus entre militaires et cercles occultes de la présidence.

En revanche, les griefs retenus par les redresseurs à l’encontre de l’actuel SG du parti-Etat FLN, ne sont pas à démontrer. Ses penchants islamistes – pour preuve, les députés du FLN refusent toujours le quotas des femmes fixé à 30% – jouent inéluctablement contre son maintien à la tête du FLN, malgré son soutien à Bouteflika. Mais il n’en demeure pas moins que la posture actuelle du SG du FLN a été provoquée par le même Bouteflika, rompu à l’art des putschs depuis les années 60.

La crise que vit le FLN n’est pas sans résultat sur la vie politique nationale. Ainsi, elle réaffirme le caractère sectaire du pouvoir algérien, qui se resserre à chaque fois que les peuples algériens en prennent conscience. La course aux strapontins défigure le paysage politique, fait de main-mise de la mafia sur la vie nationale. Dans ce tohu-bohu, la Kabylie se retrouve encore une fois, à la traîne. Les partis censés défendre sa position, courent à la recherche de sponsors politiques nationaux pour les agréer dans la mission de négociation de partage de la rente et des postes de députés. Seule une autonomie garantira à cette région une place viable sur l’échiquier national. D’ici là, elle subira les assauts ravageurs des islamistes et des militaires, lesquels semblent faire plus de victimes parmi les Kabyles que le terrorisme qu’ils sont censés combattre.

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