Le silence de Bouteflika confirme l’hypothèse d’une mise en scène

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ALGERIE (Tamurt) – Le silence du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, face à la grave crise qui secoue l’Assemblée populaire nationale (APN), depuis quelques jours, confirmerait, à bien des égards, qu’il s’agit d’une mise en scène et non pas d’un véritable bras de fer entre Said Bouhadja et les centaines de députés qui « s’opposent » à lui.

Si vraiment crise il y avait, il aurait suffit d’un communiqué laconique de la part de la présidence de la République pour : soit mettre un terme au statut de président de l’APN à Said Bouhadja, soit le conforter dans sa posture et désavouer ceux qui mènent cette cabale contre ce dernier. L’arbitrage de Bouteflika s’est toujours fait sans qu’il y ait à redire. Même quand il s’agissait de décisions surprenantes et inattendues, prises par Bouteflika, personne n’a eu, jusque-là, le courage de les contester. Même pas les responsables des partis politiques qui se présentent comme étant de l’opposition. Il s’agirait donc d’une véritable comédie dont l’objectif sera connu dans les prochains jours ou semaines au plus tard.

En tout cas, il n’y a aucun indice qu’il y aura des élections présidentielles en Algérie dans moins de sept mois. C’est la première fois d’ailleurs qu’on assiste à un tel scénario depuis plusieurs décennies. Même la guerre de clans, parfois féroce, menées en sourdine par médias interposées, il y a quelque temps, a subitement cessé faisant croire que tout serait rentré dans l’ordre. Mais, c’est loin d’être le cas.

L’attitude d’un Amara Benyounès, pour lequel la politique se résume à soutenir Bouteflika mille et une fois par jour, qui continue d’entretenir le silence concernant un éventuel cinquième mandat de Bouteflika, à compter de 2019, confirme que le flou total règne toujours. Où va l’Algérie, s’interrogeait Mohamed Boudiaf, il y a bien longtemps. Cette question est plus que jamais d’actualité.

Tarik Haddouche