Le terrorisme islamiste frappe en Tunisie : Brahmi, député et chef d’un parti d’opposition, assassiné

3

TUNISIE (Tamurt) – La Tunisie est en proie à de nouvelles formes de violence islamistes qui ciblent des chefs de l’opposition comme le fondateur du Mouvement populaire (gauche), Mohamed Brahmi, membre de l’Assemblée constituante, a été assassiné aujourd’hui, de plusieurs balles tirées devant son domicile.

Cet assassinat politique laisse place désormais, à une escalade de violence islamiste qui mène dangereusement le pays vers une situation sans issue. La Tunisie fait d’ailleurs, face à une montée en puissance des islamistes radicaux qui mettent sans relâche la pression sur les intellectuels. La chasse aux opposants au régime du parti islamiste Enahdha fait rage au point d’arriver à des éliminations d’hommes politiques qui dénoncent et s’élèvent contre les pratiques fascistes des islamistes radicaux qui veulent mettre à feu et à sang la Tunisie afin de parvenir à appliquer la loi sur la Chariâa.

Les djihadistes font ainsi leurs apparitions dans ce pays livré depuis quelques mois à des actes de violence terroriste qui gagne dangereusement du terrain pour s’attaquer à tous ceux qui sont contre la démarche des fanatiques islamistes. Ces derniers adoptent une doctrine qui a conduit le pays à une escalade d’actes criminels sans précédent.

L’assassinat du député de l’assemblée constituante et fondateur du mouvement populaire, Mohamed Brahim, à l’âgé de 52 ans, relance désormais le débat sur l’avenir de la Tunisie, un pays entre les mains des Salafistes qui ne veulent pas lâcher prise même si leur politique a échoué et a été désavouée notamment par les pays occidentaux. C’est le deuxième assassinat d’un responsable de l’opposition en Tunisie depuis le début de l’année.

Mohamed Brahmi, cette figure de la gauche tunisienne a été atteinte par 11 balles tirées à bout portant par deux individus liés à la mouvance Salafiste. Natif du gouvernorat de Sidi Bouzid, bastion de la révolution de jasmin, Mohamed Brahmi était membre actif dans l’organisation des étudiants progressistes et unionistes, puis dans le mouvement unioniste nassériste à partir de 2005. Il a créé son parti, le Mouvement du peuple, au lendemain de la chute de l’ancien régime. Brahmi a été deux fois, emprisonné durant le règne de Ben Ali. Le mode opératoire de l’assassinant de Brahmi rappelle forcément la manière dont a été tué un autre responsable de l’opposition, Belaid Chokri, le 6 février dernier à Tunis. La famille de Mohamed Brahmi accuse le parti islamiste au pouvoir d’être responsable du meurtre. «J’accuse Ennahda, ce sont eux qui l’ont tué», a déclaré en pleurs Chhiba Brahmi, la sœur du défunt. «Notre famille avait le sentiment que Mohamed allait connaître le même sort que Chokri Belaïd».

Après l’annonce de sa mort, un cortège d’environ 500 personnes s’est spontanément constitué devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) avant de rejoindre l’avenue Habib-Bourguiba, où se trouve le ministère de l’intérieur. Parmi eux, la veuve de Chokri Belaïd. Devant le ministère, la foule a scandé « Ministère de l’intérieur, ministère terroriste », selon le site d’information Nawaat.

Farid Derdar