L’écrivain algérien Salim Bachi : « Je ne suis pas musulman »

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Salim Bachi

ALGÉRIE (Tamurt) – Le romancier algérien Salim Bachi, lauréat de nombreux Prix littéraires prestigieux en France, a déclaré qu’il n’est pas musulman. Dans plusieurs émissions qu’il accorde, ces jours-ci, à des médias télévisuels français, Salim Bachi a affirmé qu’il est athée. « Je ne suis pas croyant depuis que j’ai eu l’âge de quinze ans mais en Algérie, on n’a pas le droit de ne pas être musulman.

En Algérie, être Algérien signifie systématiquement être musulman, « or, on ne nait pas musulman, on le devient par conviction », a précisé Salim Bachi qui vient de publier, à la grande maison d’édition française Gallimard, un brûlot sous forme de récit, intitulé « Moi, Dieu, Allah et les autres ». Salim Bachi raconte dans ce passionnant livre comment il a passé sa scolarité dans l’Algérie de Boumediene pendant les années soixante-dix. « L’école algérienne, c’était un enfer. Les enseignants d’arabe nous présentaient Dieu comme étant un chantre de la terreur. On avait tellement peur de Dieu tel qu’il nous a été présenté », a affirmé, en outre, Salim Bachi. « J’ai enfin pu écrire, noir sur blanc, que je suis un athée et je ne suis pas un croyant tel qu’on voulut nous l’imposer depuis toujours en Algérie », a ajouté l’auteur du « Chien d’Ulysse ». Salim Bachi a ajouté qu’il n’est pas le seul algérien, intellectuel de surcroit, à être athée : « Il y a de nombreux intellectuels algériens qui sont athées mais qui ne le disent pas ». Il y a lieu de rappeler que parmi les intellectuels et artistes algériens qui assument publiquement qu’ils ne sont pas musulmans, on peut citer Kateb Yacine, Rachid Boudjedra, Matoub Lounès…

Mouloud Feraoun l’a insinué également dans ses romans. Il y a aussi des écrivains algériens qui sont chrétiens à l’image de Taos Amrouche et de sa mère, Jean El Mouhouv Amrouche, Malek Ouary… L’absence de tolérance en Algérie fait que ceux qui ne sont pas musulmans doivent cacher leurs convictions afin de ne pas être lynchés comme cela est généralement durant le mois de Ramadhan. En Algérie, être musulman n’est pas un choix. On doit être musulman de force.  Ne pas être musulman est perçu comme étant un crime.

Tahar Khellaf pourTamurt

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