L’écrivain kabyle nasserdine Ait Ouali: « L’officialisation de tamazight est une escroquerie »

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C’est tout le monde « officiel » qui veut célébrer le 20 avril cette année
drapeau kabyle de Bessaoud Mohand Arab
KABYLIE (Tamurt) – L’écrivain kabyle d’expression française, Nasserdine Ait Ouali, a considéré que l’officialisation de tamazight en Algérie était une véritable escroquerie qui ne dit pas son nom. L’écrivain, auteur entre autres, d’un livre sur le roman kabyle, « L’écriture  romanesque kabyle d’expression berbère »  a estimé que derrière ce semblant d’officialisation, se cache une volonté claire de la part du pouvoir algérien d’étouffer définitivement le combat pour tamazight.
Dans une émission de Berbère télévision et devant le journaliste Youcef Zirem, qui anime cette rencontre littéraire télévisée intitulée  « Graffiti », Nasserdine Ait Ouali a ajouté en guise de preuve de ce qu’il avance le fait que tamazight n’a pas été mise dans la même catégorie que la langue arabe qui est réellement la langue officielle de l’Algérie. « Telle qu’elle a été introduite dans cette constitution, tamazight est devenue une sous-langue et c’est bien spécifié que c’est l’arabe qui est la langue officielle de l’Etat algérien ». L’ écrivain, qui a également coordonné un livre sur l’enseignement de tamazight paru aux Editions « Odyssée » de Tizi-Ouzou, s’est étonné qu’en Algérie se trouve des voix qui jubilent après cette fausse officilisation. Il a même tenu à dénoncer énergiquement ce genre de réactions. « Je me demande comment certains osent jubiler devant une telle escroquerie pourtant claire »,  s’est exclamé Nasserdine Ait Ouali.
Ce dernier a également dénoncé le fait quie l’Etat algérien envisage de procéder à la réunification de tamazight alors que chaque langue a évolué séparément à l’instar des langues française, italienne et espagnole. « Il veulent fabriquer une langue, à partir des laboratoires, qui ne sera la langue de personne pour mieux assassiner tamazight », a indiqué cet universitaire spécialisé dans la recherche dans le domaine de la langue amazighe.
Nasserdine Ait Ouali a aussi sévèrement critiqué le projet de création d’une académie de langue amazighe. Pour lui, les académies de langues sont le propre des monarchies. « Cette académie sera une véritable police linguistique », a-t-il averti.
Lyès Medrati