L’empire des loups

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Contribution (Tamurt) – Les folles élucubrations des soi-disant illuminés en exégèse attaquant à coup de boutoir tout signe de modernité ne sont en réalité que des tirs au flanc. Ces égarés du troisième millénaire pâtissent des œillères idéologiques.

Les islamo-conservateurs conjugués avec les arabo-baatistes sont un véritable cocktail Molotov. La vacance du régime algérien laisse entrouvertes des brèches à des vautours avides de chairs.

Le spectre d’absorption à doses assimilationnistes évoque la lancinante question de l’indifférence de la classe intellectuelle, acquiesçant par procuration la légitimité indue de cette meute de loups. Son idéologie basée sur le rejet de tous ceux qui n’adhérent pas à sa théorie. Ces derniers sont traités de fretins de la société, des étrangers de l’intérieur.

Cette mouvance ultra-conservatrice perfide conçue ex nihilo accouche d’une politique obscurantiste aux idées maléfiques. C’est l’éternel commencement évoqué par Nietzsche.

Leurs pensées sont tissées dans un discours de haine, d’inimitié et où l’amour de l’autre est proscrit à jamais. Les pulsions doctrinales d’un retour au puritanisme tartuffard animent et ragaillardissent les esprits obtus, accoutumés à la surenchère.

Le philistinisme a eu comme effet corollaire, la violence et le mal. Le temps a donné raison au temps. Le printemps arabe est un exemple patent de ce que les islamistes sont capables de générer.

L’injection du venin intégriste à doses homéopathiques n’a pas tardé à dégainer ses dagues, persécutant des innocents dont le mal est de vouloir-vivre pleinement à sa guise. Toute déviation de la ligne de conduite édictée par ces personnes aux esprits flasques et obscurantistes est passible d’un châtiment corporel pouvant aller jusqu’à la mort.

L’insouciante naïveté de quelques rares téméraires à critiquer un tant soit peu les gens du sérail se sont vite trouvés excommunier du club select et élitiste. La giberne emplie de haine et dardant des rayons de véhémences, les fiers nababs ont déchanté face aux horribles imprécations de leurs ex-compagnons de route.

Le dissident est puni par les soldats de Dieu et voué à la géhenne du pouvoir. La brèche ouverte par le pouvoir en place aux promoteurs de la bien-pensance moribonde a charrié la bourbe d’une ignorance crasse.

Au monde des intégristes, le soleil ne brille pas, le printemps n’existe pas. Les dons de thaumaturge et l’égotisme exacerbé font bon ménage au pays des folles gamberges. Les projets soporifiques transparaissent en filigrane, laissant dubitatif plus d’un. Les bêtises qu’ils en débitent coulent à flots.

Agrippés à leur tour de Babel dans l’espoir de gagner une place au paradis, les visages décatis n’ont fait qu’inhiber le train de l’espérance. Le changement leur fait peur, pourvu que rien ne change. L’altérité est perçue comme une menace aux yeux des adeptes de la pensée unique.

Recroquevillé dans sa tour d’ivoire, le pouvoir est incapable d’y remédier aux maux qui gangrènent la société. Une vie végétative peu rassurante, vu la nonchalance et la velléité des gouvernants.

Le refus de s’engager dans la rectitude politique, historique et morale engage sérieusement l’avenir du pays. La classe dirigeante n’arrive pas à développer une rigueur du jugement et insuffler un nouveau dynamisme à une économie en stand-by.

Des comportements ayant amplifié l’obsolescence rapide de tout l’appareil économique. Les réformes engagées marchent comme une écrevisse. Le rythme stratosphérique qu’impose la mondialisation ne laisse pas de place à l’amateurisme et à l’improvisation. Les limites rédhibitoires à toute initiative individuelle ou collective empêchent l’émancipation de l’individu en tant que tel.

Aux prés ténébreux de l’intolérance se lovent les gardiens de la morale, entourée d’une haie de baladins tentant d’instaurer un nouveau dogme religieux. Croyant être un modèle de vertu chevaleresque, les Saladins des temps modernes battent bec et ongles pour imposer leur vision du monde et de la vie.

Le sensationnel de bas étage exhibé haut et fort sans vergogne, dont certains médias au service des monarchies du Golfe, faisant l’apologie du nouveau mode sociétal constituent une menace pour la stabilité des pays, déjà sur le fil du rasoir. Des concessions avec métayage arrangent les thuriféraires de crainte de se voir exclues du panthéon. De tels acoquinements ne peuvent être que le fruit d’une profonde abjection où le culte d’égoïsme bat son plein.

Dans ce vortex de miasmes aux relents putrides, la Kabylie se doit de se libérer du carcan autocratique qu’exerce sans relâche le pouvoir d’Alger. Les Kabyles nourrissent l’espoir de voir un jour cette terre noble indépendante où tout un chacun apporte sa pierre à l’édifice.

Amnay