L’ENEL d’Azazga risque d’être totalement fermée pour une durée illimitée à partir de dimanche prochain

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KABYLIE (Tamurt) – Les manifestants lesquels se reconnaissent à travers la Fédération Nationale des Fils de Chouhada (FNFC), l’Organisation Nationale des Enfants de Chouhada (ONEC) et la Coordination Nationale des Enfants de Chouhada (CNEC) ainsi qu’un groupe s’identifiant comme Indépendant nous ont déclaré sur les lieux mêmes de leur rassemblement que « si d’ici demain soir, aucune satisfaction n’est donnée par les autorités compétentes, nous irons à partir de dimanche prochain vers la fermeture des ateliers de production de l’entreprise et l’empêchement des travailleurs à rejoindre leurs postes de travail.

Les revendications de la grande famille des enfants de Chouhada portent sur le renvoi pur et simple du PDG de l’entreprise, du directeur de l’unité de production, du secrétaire général du syndicat local UGTA et son proche collaborateur ainsi que l’envoi d’une commission d’enquête pour mener des investigations profondes sur la gestion de l’entreprise où semble-t-il de très gros sous sont en jeux.

La genèse de cette affaire, avons-nous appris, remonte au mois de mars dernier quand un ouvrier de l’entreprise, M. Lounès Massout, a tenté de renouveler la cellule des Enfants de Chouhada au sein de l’entreprise. Une telle initiative n’aurait pas été du goût ni du syndical local UGTA ni de la direction de l’entreprise. La première sanction arrêtée à son égard fut la mise à pied de trois jours. Ensuite vinrent les intimidations de tout ordre. Même des agressions physiques furent au « menu ». Il se trouve cependant que M. Lounès Massout, la victime, ne fait pas partie des hommes qui se laissent vaincre par des intimidations.

En effet, en date du 2 septembre dernier, il rédigea un rapport sur la situation qui prévalait au sein de l’EEI d’Azazga et l’envoya au wali de Tizi-Ouzou. Dans le même écrit, le signataire sollicita la venue d’une commission d’enquête. M. Lounès Massout prit également le soin d’envoyer une copie du rapport au PDG. A sa lecture, le premier responsable de l’EEI d’Azazga vit rouge. La première mesure qu’il arrêta fut de signer une décision de mise à pied d’une durée de quinze (15) jours à l’encontre de l’auteur du rapport. Selon nos interlocuteurs, le PDG, de par cette mesure, a piétiné le règlement interne de l’entreprise car au delà de trois jours de mise à pied, la personne touchée par la sanction doit passer devant la commission de discipline et c’est celle-ci qui a la compétence de prononcer des mesures disciplinaires à l’endroit du travailleur fautif.

Nonobstant cette violente réaction de la part de la direction de l’entreprise, M. Lounès Massout n’a pas baissé les bras. En effet, il a alerté toutes les organisations des enfants de Chouhada sur « l’iniquité » dont il est victime ». Il se trouve par ailleurs que selon une information dont nous disposons, un officier de la Garde Républicaine aurait eu vent des « petits secrets » de l’EEI d’Azazga et, nourri par un sentiment de justice et de la fibre patriotique, il aurait, à son tour, actionné des cercles et services compétents du pouvoir central pour déclencher une action devant révéler toute la vérité sur cette affaire qui risque d’éclabousser de très hauts personnages.

Selon certains avis, le scandale qui, à coup sûr, sera porté sur la place publique sera également porteur de grands dividendes politiques, notamment avec les élections législatives qui pointent à l’horizon. C’est pourquoi aussi, toutes les organisations des enfants de Chouhada ont tenu à se mettre dans le bain. Cependant, au-delà de ces considérations politiques qui, à tort ou à raison, sont justifiées, nos lecteurs doivent savoir que s’il y a réellement une gestion opaque au sein de l’EEI d’Azazga, ce n’est certainement pas pour rien. Et s’il est vrai aussi que les registres comptables de l’EEI d’Azazga ne sont pas mis à la disposition de Tamurt.info, il n’en demeure pas moins que tout laisse à croire que l’honnêteté n’a jamais été de mise dans la gestion de cette entreprise. En effet, selon nos sources, l’EEI d’ Azazga gagne en moyenne 120 millions de centimes par jour dans la commercialisation des produits dits « récupérables » tels le cuivre, la tôle, les fûts, le bois etc. L’argent gagné de ces produits en question, avons-nous appris, n’est pas inscrit au registre de la comptabilité analytique mais au chapitre dit « divers ». Pourquoi le chapitre « Divers » ? Cela suppose donc l’existence d’anguille sous roche. Par ailleurs, autrefois, les travailleurs de l’EEI d’Azazga ouvraient droit à 04 fûts chacun tous les ans. Ce n’est plus le cas maintenant. Pourquoi ? A la question de savoir si l’entreprise jouit d’une bonne santé financière, la réponse a été « oui » puisque ses produits se vendent sur le marché national. Parmi les clients de l’EEI d’Azazga, figurent la SONELGAZ, KAHRIF, la SKNK et des particuliers. S’agissant de la matière première, elle est importée de l’étranger, plus exactement d’Italie et d’Allemagne. Le premier pays cité (Italie) livre à la SEEI d’Azazga la tôle magnétique pour transformateurs et l’huile bourraque 22. Quant au second (l’Allemagne), la livraison se porte sur le fil de cuivre. Quant à savoir si la matière première importée est surfacturée ou non, seule une enquête approfondie le déterminera.

En dernier lieu, nos lecteurs doivent savoir que nous n’avons pas pu entrer en contact avec la partie adverse des manifestants pour réceptionner sa version des faits.

Addenda : Fiche identitaire et analytique de l’EEI d’Azazga.

– L’Entreprise ELECTRO-INDUSTRIES est créée en 1998 avec la scission de l’Entreprise Nationale des Industries Electrotechniques (ENEL). ELECTRO-INDUSTRIES est la principale entreprise nationale dans le domaine de l’industrie électrotechnique. Son activité s’adresse au marché des biens d’équipements avec une production de tansformateurs de distribution, moteurs électriques asynchrones, alternateurs triphasés et le montage de groupes électrogènes. L’unité de fabrication de transformateurs de distribution assure une capacité de production de 5.000 transformateurs par an. La puissance des transformateurs est de 50 à 2000 KVA. Les tensions usuelles en moyenne tension sont de 5,5 – 10 et 30 KV. Enfin, la tension usuelle en basse tension est de 400 V.

– S’agissant de l’unité moteurs et prestations, la capacité de production de moteurs est de 50.000 de 0,25 à 400 KW. La capacité de production d’alternateurs est de 2.000 de 17,5 à 200 KVA. Enfin, le montage de groupes électrogènes est de 17,5 à 200 KVA.

En ce qui concerne les prestations techniques, l’unité est dotée de moyens pour la fabrication des outils de découpage, usinage, moulage sous pression, traitement thermique etc. Les analyses physico-chimiques des matériaux tels que le cuivre, les aciers, l’aluminium, les isolants liquides, solides, peintures, huiles etc. Enfin, la vérification et l’étalonnage des appareils et instruments de mesure mécanique et électrique.

Le chiffre d’affaires réalisé en 2010 par l’EEI d’Azazga est de 2.500 milliards de DA. En dernier, signalons que l’EEI d’Azazga est situé à 35 km à l’est du chef-lieu de wilaya de Tizi-Ouzou. Le nombre de salariés dépasse légèrement les 800.