L’enseignement de tamazight est passé de 11 à 44 wilayas

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Benghabrit
Benghabrit

KABYLIE (Tamurt) – L’enseignement de la langue tamazight est passé de onze à quarante-quatre wilayas cette année scolaire, a déclaré, hier, samedi, Nouria Benghebrit, ministre de l’Education nationale lors d’une conférence de presse qu’elle a animée au siège d’un quotidien gouvernemental à Alger.

Nouria Benghebrit est longuement revenue sur l’enseignement de la langue tamazight en Algérie mais sans pour autant aborder les vraies questions et parler des problèmes concrets. La première responsable du secteur de l’éducation a même versé dans la manipulation des chiffres en disant que cet enseignement a évolué de 11 wilayas à 44. Car, dans la majorité des cas, il ne s’agit que d’une ou de deux classes par wilaya. S’agit-il vraiment d’une généralisation ?

La vérité et ce sont les chiffres qui parlent, c’est que l’enseignement de la langue tamazight reste limité aux régions de Kabylie avec plus de 95 % concentrés dans les wilayas de Bgayet et Tizi Ouzou et le reste répartis sur les communes kabylophones des deux wilayas de Boumerdès et Bouira. C’est donc la première fausse information donnée par Nouria Benghebrit.

Secondo, en niant l’exigence d’une autorisation parentale pour des élèves devant être concernés par l’enseignement de tamazight, elle a omis sciemment de dire que, vingt-trois ans après l’introduction de l’enseignement de la langue amazighe dans le système éducatif algérien, ce dernier reste facultatif. Les élèves ne sont pas soumis obligatoirement à l’enseignement de tamazight même dans les régions de Kabylie. N’importe quel élève, voulant en être dispensé, peut le faire sans être aucunement inquiété. Il s’agit là de la plus grave injustice dont est victime la langue tamazight en Algérie. Toutes les matières sont obligatoires, hormis tamazight. Même le sport est obligatoire et il n’y a que des raisons d’incapacité médicale qui peuvent dispenser l’élève des séances de sports dans les établissements scolaires.

La contradiction réside aussi dans le fait que tamazight n’est pas obligatoire mais figure parmi les matières concernées par l’examen du baccalauréat. Il s’agit-là d’indices qui ne trompent pas concernant la légèreté avec laquelle est pris l’enseignement de tamazight en Algérie.

On ne peut pas terminer sans rappeler que l’enseignement de tamazight n’est pas obligatoire en Algérie au moment où la constitution algérienne stipule que tamazight est une langue nationale et officielle. Une langue nationale et officielle, facultative bien sûr.

Tarik Haddouche