Les Algériens ne savent pas quoi faire avec leur révolution du « cachir »

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manifestation anti-Bouteflika
manifestation anti-Bouteflika

ALGERIE (TAMURT) – Des milliers d’Algériens sortent presque chaque jour dans la rue pour dénoncer la candidature d’Abdelaziz Bouteflika. Les manifestants rejettent la candidature de Bouteflika et demande son départ. Mais ils ne savent pas quoi faire après. Personne ne sait qui appelle à ces marches. La confusion est totale.

Personne ne sait qui ce qui se passera si jamais Bouteflika se retire. L’avenir de l’Algérie est des plus incertains. Certains ont baptisé les manifestations de « la révolution cachir » (charcuterie algérienne, distribuée aux partisans de Bouteflika) tellement que personne ne sait ce qui se trame dans ce pays, d’autant plus que les islamistes y sont embusqués.

En cas de chaos, ils prendront le relais. Les militaires et les islamistes sont les seuls forces politiques organisées en Algérie. C’est l’un des deux qui prendra la tête, ou cas ou la famille des Bouteflika cède. On parle même du non retour de Bouteflika de Genève. De toutes les façons, l’Algérie est au bord du gouffre.

Ravah Amokrane

4 COMMENTAIRES

  1. Depuis le début du 21e siècle nous assistons à la remise en question des pouvoirs jacobins centralisés, particulièrement en France. Le maître mot est démocratie. Tous les pays claironnent qu’ils pratiquent la démocratie, mais celle-ci est très relative et souvent faite à leur sauce constitutionnelle.

    Je me souviens d’une réponse donnée par un ambassadeur algérien à Paris à un journaliste sur une chaine de télévision au sujet de la pratique de la démocratie : «Nous n’avons pas la même conception de la démocratie que le monde occidental». Pour un esprit kabyle averti, l’allusion au type de démocratie à laquelle pense l’ambassadeur est claire : il s’agit bien entendu là une domination d’une ethnie sur une autre doublée de la culture du chef à laquelle se réfère si bien At Kaci. Si on considère que la garantie de la liberté, la justice, des droits humains et la séparation des pouvoirs sont en permanence sous le contrôle vigilant du peuple, grâce à un système constitutionnel sans failles, alors on peut parler de démocratie (populaire).

    Et c’est là où le bât blesse : cette conception d’émanation du pouvoir par le peuple avec une représentativité transparente dans les institutions de l’Etat n’est pas l’apanage de la culture arabo-islamique. Et l’Algérie n’en fait pas exception. La gouvernance pratiquée dans les Etats arabes islamistes ou pas est antinomique avec le concept de démocratie. Toutes les institutions (administrations, wilayas, daïras et communes) sont noyautées par une poignée de personnes et gare à celle ou celui qui ose les remettre en cause. On y retrouve là une structure moderne des Khalifats qui maintient toute velléité oppositionnelle au bout de l’épèe.

    Une fois ce constat établi, que pouvons-nous attendre de cette fébrilité politique qui s’empare des couches moyennes ? A mon avis, rien. Quel que soit l’aboutissement final de ces élections, la culture arabo-islamiste continuera ses ravages socio-économiques et le dénie des droits humains fondamentaux. Au fatalisme des couches arabophones – par définition islamisées – s’oppose la résistance des kabyles qui veulent emprunter une voie où l’origine du mal, à savoir la culture arabo-islamiste, soit bannie.

    Sur ce point, je rejoins aussi At Kaci qui voit en la régionalisation ou l’autonomie un non-évènement. Sans un avènement d’un Etat kabyle indépendant, l’identité kabyle est vouée à disparaitre à moyen-long terme. Le peuple kabyle doit être conscient de cela. Mais comme l’a souligné un autre intervenant citant l’exemple catalan qui pourtant évolue dans un système qui est aux antipodes du déni culturel arabo-islamique, la sécession pose un sérieux problème de respect de démocratie populaire.

  2. Dans le cas ou vous ne l’aurez pas compris, il se passe des choses importantes en Algérie pour l’avenir de ce pays. Peut être une nouvelle république.
    Bouteflika ne pourra pas se faire élire, maintenant que le monde a vu.
    Contrairement à 1962, le moment n’est-il pas venu aux Kabyles de négocier leurs voix avec le candidat qui a toutes les chances de gagner (El Ghediri), ou allons nous encore une fois être les dindons de la farce??? et de nous retrouver en marge de l’histoire future.
    Cessez d’être les perdants de tous les temps.
    Je suis indépendantiste, avec Ghediri nous pouvons négocier avant les élections, mais si Bouteflika reste, grâce à vous, il finira ce qu’il a commencé en Kabylie.

  3. Agir et etre agité sont deux dynamiques qui peuvent ne pas converger pendant des siècles. Les mozabites sont harcelés par l’arabisme islamique mais continuent d’adhérer à la meme sphère. Quand la cause est profonde ancrée c’est une crise systèmique. Peut on avoir l’impératif de l’arabisme et islamisme qui portent en eux la culture du chef- on a vu des ministre offrir un cheval à une photo encadrée de bouteflika-, les pseudo-laics se prosterner dans les mosquées pour dire leur bonne islamité, et au meme temps pretendre le sens des limites en droit et en gestion?l La souffrance externalisée est un bien de là à la transformer en solution durable il faut une abstraction pour penser les causes culturelles sociales ou économiques, chose impossible avec l’imperatif islamique. L’Etat a codifé la legislation autour de son pouvoir comme une muraille de chine, l’épée de Damoclès est dans le triptyque- islamité, arabité..amazighité-. Ainsi tout doit obeir à l’islam, l’arabe, puis l’amazighité. On a vu que l’amazighitè n’étant qu’un ajout quantitatif pour orner le paysage. La laicité amazighe est incompatible avec l’islamisme d’Etat ni avec les valeurs arabes que sont le chef et l’obeissance qu’on a vu sous benbella boumediene bouteflika, la kabylie refuse tout cela, meme les plus simples des citoyens valent autant les leaders en droit.

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